À moins d’un revirement de dernière minute, les YMCA du centre-ville de Montréal et de l’Ouest-de-l’Île ne rouvriront pas leurs installations sportives après la pandémie, a appris La Presse.

Philippe Teisceira-Lessard Philippe Teisceira-Lessard
La Presse

Le réseau, qui a déjà fermé trois de ses installations montréalaises en 2019, se dit incapable de continuer à fonctionner avec ses propres revenus. Il estime qu’il aura perdu 40 millions en revenus en raison de la pandémie.

« Notre constat est clair : on est tristes de vous annoncer qu’on ne pourra reprendre nos activités sportives en 2021, même lorsque le gouvernement l’autorisera », indique un courriel envoyé mercredi aux membres du YMCA Centre-ville. « Le télétravail et la baisse de fréquentation de ce quartier rendent impossible la relance de notre programmation d’activités physiques. » Le message envoyé aux membres du YMCA Ouest-de-l’Île est semblable.

Les YMCA voudraient conclure des partenariats avec les instances municipales – une subvention en échange de plages horaires réservées, par exemple – ou carrément vendre des bâtiments.

En l’absence de telles ententes à très court terme, le YMCA de la rue Drummond, au centre-ville, et le YMCA du boulevard Brunswick, à Pointe-Claire, demeureront fermés malgré le feu vert des autorités sanitaires.

On a des installations très coûteuses, avec des piscines, des grands gymnases, des salles d’entraînement. On lance un appel aux partenariats pour ne plus assumer seuls la gestion immobilière de nos bâtiments pour que l’on puisse se dédier à notre mission sociale.

Stéphane Vaillancourt, PDG des YMCA du Québec

Selon M. Vaillancourt, les coûts fixes continuent à grimper même si les bâtiments sont déserts depuis un an.

« On a une grande pression liée à l’entretien de ces bâtiments. C’est tout simplement devenu impossible pour les YMCA d’assumer tout ça. »

Trois fermetures en 2019

En 2019, le YMCA du complexe Guy-Favreau, dans le Quartier chinois, et le YMCA d’Hochelaga-Maisonneuve ont fermé leurs portes, malgré l’opposition des sportifs qui utilisaient leurs installations. Les activités physiques ont aussi cessé au YMCA de Pointe-Saint-Charles.

Les YMCA ont huit centres à Montréal et un à Québec. Trois d’entre eux font déjà l’objet d’un partenariat avec des administrations municipales.

Ces ententes peuvent inclure des bains libres ou des heures d’entraînement ouvertes aux citoyens en échange d’un appui financier.

Dans Notre-Dame-de-Grâce, la Ville de Montréal a récemment acheté un terrain appartenant au YMCA local pour y installer un parc, ainsi que du logement social. Dans le quartier Saint-Roch, à Québec, le YMCA exploite un bâtiment qui demeure la propriété de la Ville de Québec.

« Les villes, ce sont les meilleurs partenaires pour nous », a dit Stéphane Vaillancourt, évoquant aussi la possibilité de conclure des ententes avec le réseau de l’éducation ou le réseau de la santé. « Ils ont des intérêts qui sont très compatibles avec les nôtres sur le plan social. »

L’organisation veut pouvoir continuer à financer ses activités sociales et de soutien aux populations vulnérables. Les YMCA abritent des dizaines d’activités communautaires destinées aux aînés, aux personnes défavorisées, aux enfants et aux femmes.