Au plus froid de l’hiver, la Société de transport de Montréal (STM) vient de physiquement condamner des bancs qui servaient de lieu de rassemblement aux sans-abri dans le métro de Montréal.

Philippe Teisceira-Lessard Philippe Teisceira-Lessard
La Presse

Des panneaux de contreplaqué ont été installés mercredi sur une partie du mobilier public de la station Bonaventure, au centre-ville de Montréal. Plusieurs sans-abri y trouvent normalement refuge.

PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE

À la STM, on affirme que les bancs ont été condamnés dans le contexte de la pandémie de COVID-19.

« Cette mesure a été mise en place, notamment, pour améliorer la fluidité dans ce corridor et contribuer au respect d’une distanciation physique adéquate, en respect des consignes sanitaires en vigueur », a indiqué Philippe Déry, conseiller en relations publiques de la STM, dans un courriel. « Le tout fait suite à des observations et analyses d’employés et plaintes de nos clients. »

« La mesure a été mise en place aujourd’hui, a continué M. Déry. Nous ne donnerons pas d’entrevue sur le sujet. »

C’est l’élu municipal Benoit Langevin, de l’opposition officielle à l’hôtel de ville, qui a d’abord publié des images des installations. Il a blâmé l’administration Plante pour cette situation, en soulignant que les travaux semblent viser spécifiquement une station très utilisée par les sans-abri.

« Empêcher les itinérants d’utiliser le métro comme halte-chaleur, alors qu’il fait -15 °C, -20 °C, c’est un manque d’humanité de la part de l’administration Plante », a-t-il dit en entrevue. « Pourquoi on attaque juste le milieu où les itinérants utilisent les installations de façon quotidienne ? »

Au cabinet de Valérie Plante, on appuie la STM.

« La STM a toujours fait preuve de tolérance envers les personnes en situation d’itinérance, et c’est particulièrement vrai depuis le début de la pandémie. Ces quelques bancs sont condamnés depuis le confinement, car le respect des consignes de santé publique, dont la distanciation de 2 m, est difficilement applicable à cet endroit », a expliqué Youssef Amane, le directeur des communications de la mairesse.

« Ces aménagements ne concernent pas le reste de la station Bonaventure, qui demeure accessible. Rappelons que les personnes en situation d’itinérance peuvent recourir au service de navette et d’accompagnement vers les ressources disponibles, initié par la STM, a continué M. Amane. Le conseiller Langevin aurait pu simplement valider ces informations auprès de la STM avant de partir en peur. »