La mairesse de Longueuil, Sylvie Parent, croit qu’on ne doit pas attendre la fin de la phase 2 du Réseau express métropolitain (REM), dans l’est de Montréal, avant de mettre en branle la phase 3, qui prévoit le prolongement du réseau sur la Rive-Sud et à Laval.

Isabelle Ducas Isabelle Ducas
La Presse

« Pourquoi devrait-on attendre neuf ans pour qu’il y ait des pelletées de terre chez nous ?, demande Mme Parent. Moi, je suis impatiente que tout se concrétise. »

La Presse a révélé lundi que la Caisse de dépôt et placement du Québec avait envoyé au gouvernement Legault un « signal positif » en faveur d’une phase 3 du REM, qui serait prolongé à Laval et à Longueuil.

Or, pour la phase 2 du REM, dans l’est de Montréal, les travaux de construction devraient commencer en 2023 pour une mise en service en 2029.

Un horizon qui semble trop éloigné pour Sylvie Parent.

Ça fait 50 ans qu’il n’y a pas eu d’investissement majeur en transport collectif à Longueuil.

Sylvie Parent, mairesse de Longueuil

Le prolongement du REM devrait emprunter en bonne partie le tracé proposé par la mairesse Sylvie Parent pour son projet de tramway électrique appelé LEEO (pour « lien électrique est-ouest »), dont la présentation a été faite il y a un an.

On parle d’une branche dans l’axe du boulevard Taschereau, passant par la station de métro Longueuil–Université-de-Sherbrooke et se rendant jusqu’au cégep Édouard-Montpetit. Cette antenne serait connectée à la future station Panama du REM, l’une des trois stations du réseau situées sur la Rive-Sud actuellement en construction et dont la mise en service est prévue en 2022.

Train ou tramway ?

Que ce soit un train plutôt qu’un tramway qui circule sur cet axe, cela importe peu pour Sylvie Parent.

« Je souhaite que le mode de transport choisi soit le plus efficace, le moins coûteux, et qu’il se concrétise le plus rapidement possible », dit-elle.

À la Chambre de commerce et d’industrie de la Rive-Sud, le président Alain Chevrier est du même avis.

On est habitués à ce que ce soit étude par-dessus étude avant qu’un projet démarre, mais là, on veut que ça se concrétise.

Alain Chevrier, président de la Chambre de commerce et d’industrie de la Rive-Sud

Cependant, il espère que l’implantation d’un train plutôt qu’un tramway ne signifie pas qu’il y aura un moins grand nombre de stations sur le tracé. « Il ne faudrait pas que ce soit un trajet avec peu d’arrêts, avec seulement trois stations », note-t-il.

Du côté de Laval, le vice-président du comité exécutif, Stéphane Boyer, rappelle que le gouvernement du Québec a donné le mandat à CDPQ Infra d’étudier le prolongement du REM sur son territoire en 2020.

« Nous sommes très heureux que ce dossier suive son cours. Nous demeurons convaincus de la nécessité d’ajouter un tel projet dans ce secteur densément peuplé. Nous sommes donc impatients de voir cette demande du milieu se concrétiser », a indiqué M. Boyer dans une déclaration envoyée par courriel.

« C’est un excellent investissement social et économique », renchérit Caroline De Guire, PDG de la Chambre de commerce et d’industrie de Laval. « Ce n’est pas un beau cadeau, c’est une nécessité pour décongestionner l’une des plus grandes villes du Québec. »