La Ville de Montréal a choisi la militante et chercheure Bochra Manaï comme première commissaire à la lutte contre le racisme, un poste que l’administration Plante vient de créer.

Philippe Teisceira-Lessard Philippe Teisceira-Lessard
La Presse

La mairesse de Montréal en a fait l’annonce mercredi matin dans le cadre d’une réunion du comité exécutif.

Mme Manaï a fait les manchettes en 2019 pour son implication dans la contestation judiciaire de la Loi sur la laïcité de l’État québécois, qui interdira notamment aux professeurs de porter des signes religieux.

« [La Loi] est en train de créer une seconde classe de citoyens et est en train d’entériner un régime d’inégalités », avait-elle déclaré en marge des audiences. « Elle discrimine un certain type de population et de catégories sociales. » Elle était alors porte-parole du Conseil national des musulmans du Canada.

Bochra Manaï travaille dans le monde académique et dans le secteur communautaire depuis plusieurs années. Elle est notamment l’auteure d’un livre sur la communauté maghrébine de Montréal.

Mercredi matin, Valérie Plante s’est réjouie de l’embauche de Mme Manaï. « Elle a une fine compréhension des enjeux liés au racisme systémique », a dit la mairesse. Mme Plante a souligné qu’elle avait une expérience consistant en « un mélange de terrain et de formation académique ».

En après-midi, elle a précisé qu’elle s’attendait à ce que sa nouvelle Commissaire à la lutte contre le racisme fasse une distinction claire entre sa vie militante et sa vie professionnelle à la Ville de Montréal. « Elle a ses opinions personnelles, mais elle représente l’institution », a dit la mairesse. « Le processus est garant de la qualité de la personne qui a été choisie. »

La Ville a reçu « plus de 120 candidatures » pour le poste, a révélé Serge Lamontagne, le directeur général de la Ville.