Montréal devrait rendre accessibles les voies réservées existantes et à venir aux automobilistes circulant en covoiturage comme solution « réaliste » et à court terme en matière de mobilité, suggère l’opposition officielle à l’hôtel de ville.

Kathleen Lévesque Kathleen Lévesque
La Presse

« La proposition est simple, efficace, elle nécessite peu de ressources et peut diminuer l’auto solo et la congestion », a affirmé le chef de l’opposition, le conseiller municipal Lionel Perez, en conférence de presse lundi matin.

L’idée de favoriser le covoiturage fait l’objet d’une motion qui sera déposée lors de la prochaine assemblée du conseil municipal. Cette proposition s’appuie notamment sur le choix de l’administration Plante, annoncé en janvier dernier, d’ajouter une vingtaine de nouvelles voies réservées au cours des prochaines années. « C’est une opportunité. Pour nous, à Ensemble Montréal, on est pragmatique et non pas dogmatique. On voit quelles sont les solutions concrètes. […] On ne réinvente pas la roue », a dit M.  Perez.

Selon lui, les efforts en matière de transport collectif doivent être poursuivis, mais ils ne suffisent pas pour régler la congestion à Montréal puisque les projets sont lents à voir le jour. À l’heure actuelle, des voies réservées permettant la circulation automobile existent déjà (Côte-Vertu, Des Sources, Lacordaire et Sherbrooke Est). D’autres rues importantes pourraient accueillir du covoiturage notamment sur Côte-des-Neiges et Henri-Bourassa, par exemple.

Il y a un potentiel d’environ 80 kilomètres d’axes stratégiques pour le covoiturage à développer

Lionel Perez, chef de l’opposition officelle

Le covoiturage dans les voies réservées nécessiterait une surveillance accrue qui pourrait prendre différentes formes. Ainsi, des ressources policières pourraient y être affectées à moins d’utiliser la technologie déjà existante pour photographier les plaques d’immatriculation ; seules les voitures inscrites gratuitement pour du covoiturage auraient le droit de circuler dans ces voies. M.  Perez reconnaît qu’il faudrait que la Ville investisse dans la sensibilisation et l’éducation de la population.

La motion de l’opposition officielle rappelle que la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) estime à 4,2 milliards le coûté de la congestion routière en 2018. De plus, le nombre d’automobiles continue de croître (une hausse de 6 % entre 2011 et 2016, selon Statistique Canada.