L’opposition à l’hôtel de ville de Montréal s’inquiète de la réduction du nombre de postes de police de quartier (PDQ) et réclame une consultation. Devant le refus de l’administration Plante, l’arrondissement de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce compte mener ses propres audiences.

Sara Champagne Sara Champagne
La Presse

« En tant qu’élu local, je n’étais pas au courant de cette décision [de fermer des PDQ]. Je n’ai aucune étude entre les mains, pas de rapport, pas d’analyse. Rien n’a été communiqué aux élus locaux. Nous savons à quel point les postes de quartier sont importants pour les citoyens. On s’explique mal pourquoi l’administration de Valérie Plante refuse d’être transparente », a dénoncé le chef de l’opposition Lionel Perez, lors de la séance du conseil municipal.

La semaine dernière, la direction des communications du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a confirmé lors d’un point de presse que les postes de quartier 9 et 11 seraient fusionnés l’automne prochain. Résultat : celui du quartier Notre-Dame-de-Grâce disparaîtra pour s’intégrer à celui de Côte-Saint-Luc, un territoire plus à l’ouest de l’île de Montréal.

Le SPVM a indiqué du même coup que d’autres fusions auraient lieu dans un souci « d’efficience ». En une vingtaine d’années, le nombre de PDQ est passé d’une cinquantaine à 31 — bientôt 30 avec la nouvelle fermeture annoncée.

Rosannie Filato, responsable de la sécurité publique au comité exécutif de la Ville, a expliqué plus tôt lundi qu’il s’agissait d’une décision locale, et qu’il n’y avait pas lieu de tenir des consultations montréalaises sur le sujet.

Pétition

Mécontent de la décision du SPVM, le centre communautaire de Notre-Dame-de-Grâce a lancé une pétition samedi dans l’espoir d’aller chercher l’appui populaire du quartier, mais aussi des citoyens des villes de Hampstead, Côte-Saint-Luc, Westmount et Montréal-Ouest. Lundi, en fin de journée, près de 1000 personnes avaient signé la pétition.

Les signataires estiment que les PDQ sont essentiels pour « assurer la compréhension des enjeux locaux uniques et pour favoriser des relations positives et solides entre les organismes communautaires et le SPVM ». Ils appellent les instances à réviser leur décision.

Les PDQ ont été multipliés dans la foulée d’une enquête sur la mort d’un chauffeur taxi, Richard Barnabé, en 1996, à la suite d’une violente arrestation policière. Des consultations publiques avaient démontré l’importance de la proximité entre les agents de police et les citoyens, dans les quartiers, avec des opérations de prévention.