Aucune trottinette électrique en libre-service ne circulera dans les rues de Montréal en 2020. Le comité exécutif ne renouvellera pas l’expérience de l’été dernier compte tenu du « désordre » que les trottinettes ont provoqué à travers la ville.

Kathleen Lévesque Kathleen Lévesque
La Presse

À peine 20 % des trottinettes utilisées en 2019 étaient stationnées dans les aires dédiées, constate la Ville dans le bilan concernant les véhicules non immatriculés en libre-service sans ancrage déposé au comité exécutif mercredi matin. Le taux de délinquance est trop élevé, selon le conseiller municipal Eric Alan Caldwell, responsable politique du dossier.

« On doit tirer un constat d’échec », a affirmé M. Caldwell. « Montréal ne veut pas se transformer en police des trottinettes. Si on veut un règlement qui fonctionne, c’est la responsabilité des opérateurs de faire en sorte que le déploiement se fasse de façon claire et ordonnée », a-t-il indiqué.

M. Caldwell estime que ce moyen de transport a sa place dans une ville comme Montréal, mais « pour que ça fonctionne, ça ne doit pas nuire aux autres modes de mobilité durable ». Outre le stationnement des trottinettes qui a provoqué le « désordre », le bilan du projet-pilote mentionne que la cohabitation avec les piétons et les cyclistes a été difficile. De plus, les utilisateurs des trottinettes ne respectaient pas le Code de la sécurité routière en ne portant pas de casque ; 324 constats d’infraction ont d’ailleurs été émis par la police montréalaise.

Le bilan indique qu’il y a eu plus de 220 000 déplacements en trottinettes électriques l’été dernier. Aucun accident grave n’a toutefois impliqué une trottinette.

Le comité exécutif a adopté une modification réglementaire. Les trottinettes électriques en libre-service ne seront plus permises, mais les vélos à assistance électrique continueront à sillonner les rues montréalaises. La Ville augmentera toutefois les tarifs d’utilisation des vélos à assistance électrique. Une partie des nouvelles sommes amassées serviront à l’installation de supports à vélos l’été prochain, a indiqué M. Caldwell.

L’opposition se réjouit

L’opposition officielle à l’hôtel de ville se réjouit que les trottinettes électriques soient mises de côté. Pour le chef d’opposition, Lionel Perez, ce fut «un fiasco». Déjà le mois dernier, il réclamait que Montréal ne renouvelle pas le projet pilote. Un avis de motion dans ce sens avait d’ailleurs été présenté au conseil municipal.

Pour ce qui est des vélos à assistance électrique JUMP (appartenant à l’entreprise UBER), M. Perez s’inquiète que l’administration Plante permette la poursuivre des opérations. Selon lui, il s’agit d’une concurrence indue à BIXI.

Par ailleurs, la Ville de Westmount vient d’annoncer qu’elle emboîte le pas à Montréal et met fin au projet-pilote de trottinettes électriques sur son territoire. La municipalité a retenu les nombreux désagréments causés par les trottinettes et ce, malgré «la forte popularité qu’a connu ce nouveau service».

« Ce projet a toutefois révélé qu’il existe une demande réelle pour ces modes de transport. Nous souhaitons continuer le développement de la microbilité dans notre ville. Nous allons donc continuer de travailler avec la Ville de Montréal et nos partenaires pour trouver d’autres alternatives de transport viables et plus écologiques », a déclaré la mairesse Christina M. Smith.

Rappelons que la responsabilité d’autoriser la circulation de systèmes en libre-service sans ancrage sur les routes relève uniquement du ministère des Transports. Montréal n’a qu’un pouvoir réglementaire.