L’île de Montréal est la région connaissant la plus forte croissance de population au Québec depuis 2016, renversant la tendance des dix années antérieures.

Sara Champagne Sara Champagne
La Presse

Au Québec, près d’une personne sur quatre (24,2 %) réside sur l’île. Avec une croissance moyenne de sa population de 1,6 % par an depuis 4 ans, la région de Montréal arrive en tête du peloton provincial, indique le plus récent coup d’oeil démographique de l’Institut de la statistique de Montréal, pris au 1er juillet 2019. Cette croissance est trois fois plus rapide que celle observée de 2006 à 2016, alors qu’elle était inférieure à 0,5 % par an.

La population du Québec est désormais estimée à 8 485 000 habitants, selon les plus récentes données tirées des recensements canadiens.

De ce nombre, un peu plus de 2 millions de personnes vivent à Montréal, ce qui place la région devant la Montérégie, avec près de 1,6 million d’habitants. Les régions les plus populeuses sont ensuite Laval, les Laurentides, Lanaudière et l’Outaouais, avec des populations variant de 500 000 à 750 000 habitants chacune.

Exode réel

Paradoxalement, l’exode que connaît Montréal au profit de sa banlieue demeure un phénomène réel. Selon les démographes de l’ISQ, une moyenne de 20 000 personnes décide de quitter la ville chaque année.

Cependant, le facteur immigration vient jouer pour beaucoup dans la balance.

« À Montréal, la région perd beaucoup en nombre absolu. Mais, la population augmente avec l’apport des migrants. On parle d’une explosion de nouveaux arrivants dans les dernières années, et c’est à Montréal qu’ils vont s’installer. C’est la terre d’accueil du Québec », explique la démographe de l’Institut, Anne Binette-Charbonneau.

La croissance d’une région dépend aussi largement des naissances et des décès, précise l’Institut de la statistique du Québec. À ce chapitre, 22 950 naissances ont été dénombrées à Montréal, en 2018.

Durant cette même année, 15 470 décès ont été dénombrés.

« Donc, un surplus de 7480 habitants pour 2018 à Montréal », fait remarquer Mme Charbonneau.

À l’Institut de la statistique, on précise qu’il faudra attendre les données du recensement de Statistique Canada, attendues en 2021, pour tirer des conclusions définitives. Ce qui est clair, toutefois, c’est que le rythme de la croissance démographique du Québec a été plus rapide de 2016-2019, qu’au cours de la période de 2011 à 2016.