Des regroupements contre le 5G ont manifesté dans différentes villes du monde, samedi, pour dénoncer cette nouvelle technologie. À Montréal, une marche a rassemblé plusieurs dizaines de personnes, qui demandent au gouvernement un moratoire sur la nouvelle technologie.

Janie Gosselin Janie Gosselin
La Presse

« Refusons la 5G » et « 5G = danger », pouvait-on lire sur les pancartes des participants.

Le vice-président du Rassemblement électosensibilité Québec (RESQ), José Lévesque, a pris part à la manifestation. Il portait d’épaisses lunettes noires. Sa tête était couverte d’un capuchon : il a choisi ses vêtements en fonction de leurs capacités « à bloquer les radiofréquences ».

Comme plusieurs participants rencontrés sur place, il se disait « électrosensible », même s’il ne s’agit pas d’une maladie reconnue.

L’ancien installateur de technologies sans-fil a confié ressentir des symptômes lorsqu’il est exposé aux champs électromagnétiques : maux de tête carabinés, perte de vision, oreilles bourdonnantes.

« La technologie 5G, c’est très invasif, il n’y a pas de zones qui ne seront pas couvertes », a-t-il dit. Son groupe demande aussi aux différents ordres gouvernementaux de créer des « zones blanches », dénuées de champs électromagnétiques, « où les gens plus sensibles pourraient aller ».

En mai dernier, la Ville de Montréal estimait que de 40 000 à 60 000 antennes 5G seraient déployées sur son territoire. Pour le 4G, on compte environ 1200 antennes.

Le déploiement de cette cinquième génération de la technologie pourrait commencer sous peu au Canada et être complété dans quelques années. Le 5G promet une plus grande efficacité et une plus grande vitesse, notamment.

Même sans le déploiement du 5G, difficile d’échapper aux tourments de la technologie dans notre société, ont dit différents participants à la manifestation de samedi. « Pour moi, le pire, c’est certains types de cellulaires, a souligné Nathalie Julien. Quand je prends le métro, je me promène sans cesse. » Elle a dit avoir réalisé il y a cinq ans que ses maux de tête et ses étourdissements émanaient des champs électromagnétiques, après avoir fait différents tests chez elle, avec et sans ses appareils à radiofréquences.

Les personnes se disant électrosensibles font souvent face au scepticisme, voire aux moqueries. Dans un discours prononcé lors de la marche, Jean Hudon, membre fondateur du comité organisateur de la campagne Stoppons la 5G – Vivons sans danG, a comparé le combat des électrosensibles à celui des gens ayant fait reconnaître le lien entre les cigarettes et les maladies pulmonaires.

Des participants à la marche étaient présents avec leurs enfants, inquiets de l’impact à long terme des technologies sans fil. Parce que ce n’est pas les technologies, mais bien les ondes qui les embêtent, ont-ils précisé.

« Nous aussi, on a des tablettes, nous aussi, on est branchés, a souligné M.  Lévesque. Mais chez nous, c’est filaire. »

D’autres personnes ont manifesté à Nantes et à Genève, notamment. Les organisateurs espéraient voir des événements contre le 5G dans 36 pays.