« Ils nous ont dit ‟demain matin, tout le monde dehors”. J’étais furieux. Je suis encore furieux », dit Jacques Brochu, qui habite au campement Notre-Dame depuis le 25 juin dernier.

Alice Girard-Bossé Alice Girard-Bossé
La Presse

Léa Carrier Léa Carrier
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La Ville de Montréal s’est présentée dimanche matin au campement de la rue Notre-Dame pour en demander l’évacuation d’urgence à la suite de l’incendie qui s’est déclaré samedi et devant un important nombre de matériaux inflammables sur le territoire.

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Jacques Brochu

« Si tout le monde s’en va, c’est sûr que je vais partir, mais ça va me manquer, dit François Beaucage, campeur depuis juillet dernier. On a eu plein de donations de vêtements, je ne regrette vraiment pas d’être venu ici. »

L’avis d’évacuation d’urgence a été lu aux campeurs dans les alentours de midi et ceux-ci ont été rencontrés individuellement pour prendre connaissance des obligations légales entourant l’avis, a précisé Pierre Lessard-Blais, maire de l’arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve.

« Il y a des déceptions sur place, on est conscient que des gens souhaitent passer l’hiver là », soutient M. Lessard-Blais.

Le directeur par intérim du Service de sécurité incendie (SIM) et coordonnateur de la Sécurité civile de l’agglomération de Montréal, Richard Liebmann, affirme que la sécurité des occupants est gravement menacée et qu’il faut agir sans plus de délai.

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a quant à lui assuré que l’opération avait été « pacifique » et « humaine ». « Ils sont là dans une approche communautaire, de relation d’aide », a souligné l’agent Jean-Pierre Brabant.

Quatre agents de police ont été dépêchés sur les lieux en assistance aux représentants de la Ville et au SIM.

« Sur place, il y a plusieurs intervenants sociocommunautaires du service de la santé du CIUSSS qui sont présents pour diriger les gens vers des refuges et pour répondre à leurs différents besoins, » a indiqué M. Lessard-Blais.

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Quatre agents de police ont été dépêchés sur les lieux en assistance aux représentants de la Ville et au SIM.

« Il nous offre la solution absurde de l’hôtel ou au YMCA, mais c’est juste un centre pour la nuit, il faut quitter tout de suite à 8 h le matin, jusqu’à 8 h le soir. On n’a pas de place à nous », ajoute Jacques Brochu.

Un service de déménagement est également offert afin d’aider les campeurs à emballer leurs effets personnels. Les biens seront désinfectés, transportés et consignés gratuitement jusqu’au 31 mars 2021, précise la Ville de Montréal dans un communiqué de presse. Un service de transport est aussi mis à la disposition des personnes du campement pour les accompagner vers des haltes-chaleur ou des refuges.

Le SPVM a affirmé qu’aucun campement ne serait démonté dimanche et que personne ne serait arrêté. Il n’a pas donné la date butoir à laquelle les campeurs seront forcés d’évacuer le terrain.

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Un service de déménagement est également offert afin d’aider les campeurs à emballer leurs effets personnels.

Un incendie préoccupant

Un incendie s’est déclaré samedi matin dans une tente du campement dans l’arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve. Les pompiers se sont présentés sur les lieux et ont rapidement maîtrisé les flammes qui montaient jusqu’à plusieurs mètres. Personne n'a été blessé.

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Un incendie s’est déclaré samedi matin dans une tente du campement dans l’arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve.

« L’incendie survenu samedi est non seulement très préoccupant, il aurait pu être tragique et entraîner des décès », a déclaré la mairesse de Montréal, Valérie Plante.

« Il y a eu au moins deux autres incendies dans les dernières semaines et différents éléments comme des surdoses, a ajouté le maire de l’arrondissement. C’est ce qui a mené le service d’incendie à ordonner cet avis d’évacuation. »

La Ville de Montréal et le ministère des Transports du Québec, à qui le terrain appartient, avaient tenté d’évacuer les occupants du campement en août dernier. Pas un seul piquet n’avait alors été retiré.