La crise du logement n’est pas finie pour 18 ménages montréalais, qui sont encore hébergés à l’hôtel, grâce à l’aide de la Ville, après s’être retrouvés à la rue le 1er juillet. Une situation sans précédent, affirme le conseiller responsable de l’habitation au comité exécutif de la Ville de Montréal, Robert Beaudry.

Isabelle Ducas Isabelle Ducas
La Presse

« C’est inédit, ce n’est jamais arrivé qu’on ait encore des familles hébergées au mois de novembre », déplore M. Beaudry, en entrevue à La Presse.

En raison de l’ampleur de la crise, l’administration municipale vient d’octroyer une somme supplémentaire de 2 millions à l’Office municipal d’habitation de Montréal (OMHM) pour l’hébergement temporaire des ménages dans le besoin et les autres mesures d’urgence.

Le nombre de ménages à qui l’OMHM a dû venir en aide a plus que doublé en 2020 : il a atteint 370, comparativement à 141 en 2019.

Les ménages ayant eu besoin d’hébergement d’urgence sont aussi deux fois plus nombreux : il y en a eu 109 en 2020, comparativement à 52 en 2019.

La durée moyenne d’hébergement, quant à elle, est passée de 19 jours en 2019 à 27 jours en 2020.

« La COVID complexifie la crise du logement, la recherche d’appartements est beaucoup plus difficile », souligne Robert Beaudry.

C’est pour cette raison que la Ville de Montréal a débloqué un montant additionnel d’un million pour 2020, et d’un autre million pour 2021, afin d’assurer le maintien des services aux citoyens qui ne trouvent pas de logement.

Depuis 2018, le marché locatif s’est resserré et le nombre de logements disponibles à Montréal a diminué de façon drastique, souligne la Ville. Le taux d’inoccupation est passé successivement de 2,9 %, en 2017, à 2 %, en 2018, à 1,9 %, en 2019, puis à 1,5 %, en 2020.

Les familles ayant besoin de grands logements et les personnes seules à faible revenu sont particulièrement touchées par la crise, fait remarquer Robert Beaudry. « Il y a des appartements disponibles, mais encore faut-il qu’ils soient salubres et abordables », dit-il.

« Ça nous montre à quel point il est important de favoriser le développement de logements sociaux et abordables, pour que dans 20 ans on ne se retrouve plus avec des situations comme celle-là », conclut-il.