Une vingtaine de militants qui demandent une réduction du financement de la police ont envahi la salle où se tenait la présentation du budget de la Ville de Montréal, jeudi matin, au Marché Bonsecours, dans le Vieux-Montréal, retardant la conférence de presse de la mairesse, Valérie Plante.

Isabelle Ducas Isabelle Ducas
La Presse

« On demande à la Ville d’enlever 300 millions au budget de la police pour les réinvestir dans la communauté », a lancé Sandra Wesley, représentante de la coalition Defund the Police, qui regroupe une soixantaine d’organismes communautaires, tandis que des militants scandaient des slogans comme « Police partout, justice nulle part », en brandissant des affiches et des banderoles.

« Non seulement il n’y a pas de baisse du budget de la police dans le budget municipal, mais il est en augmentation », a dénoncé la militante, qui a déploré le « harcèlement » dont sont victimes les jeunes hommes noirs et les autochtones de la part des agents du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

Le budget 2021 de la Ville de Montréal comporte en effet une hausse d’environ 2 % des sommes consacrées aux services policiers, qui totalisent 679,1 millions.

Les militants se sont adressés aux médias pendant une trentaine de minutes. Leur présence a obligé les organisateurs de la conférence de presse à changer le lieu de l’évènement, pour se rendre dans une autre salle.

Le groupe a par la suite quitté les lieux calmement.

Au début de sa conférence de presse, Valérie Plante a souligné qu’elle était sensible à certaines demandes des militants et qu’elle était ouverte à discuter avec eux.

Quant au budget du SPVM, elle a noté que son augmentation était moins importante que par le passé, mais qu’une réduction n’était pas envisagée pour le moment.

« En pleine pandémie, de faire un bris de service au SPVM, pour moi, ce ne serait pas responsable, ce ne serait pas la bonne chose à faire », a affirmé la mairesse.