La Ville de Montréal octroie 1,5 million en subventions aux commerces touchés par la construction des pistes cyclables du Réseau express vélo (REV), pour compenser leurs pertes de revenus.

Isabelle Ducas Isabelle Ducas
La Presse

Les commerçants pourront toucher une subvention variant entre 2500 $ et 5000 $, selon la superficie de leur entreprise.

« Les travaux d’aménagement [du REV] se réalisent dans un contexte de crise sanitaire, ce qui rend la situation économique difficile pour les commerçants », a admis la directrice du Service du développement économique, Véronique Doucet, en présentant les modalités du programme d’aide aux élus du comité exécutif de la Ville de Montréal, mercredi matin.

Dans les cinq axes de la première phase du REV (Berri/Saint-Denis/Lajeunesse, Bellechasse, Peel, Saint-Antoine/Viger et Souligny), 685 commerces sont admissibles à la subvention, a révélé Mme Doucet.

Les commerçants devraient pouvoir s’inscrire au programme à partir de la fin novembre, et toucher les fonds disponibles au début de 2021.

Le maire de l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal, Luc Rabouin, a souligné que le programme avait été élaboré rapidement pour tenir compte de « la situation urgente ».

Il s’agit d’une aide « d’appoint », qui s’ajoute aux programmes déjà offerts par les autres paliers de gouvernements depuis le début de la pandémie de COVID-19, a noté la mairesse de Montréal, Valérie Plante. Normalement, la Ville vient en aide aux commerçants lorsque les chantiers s’étirent pendant plus de six mois, alors que l’aménagement du REV ne dure que 45 jours, a-t-elle fait remarquer.

« Je tiens à inviter les gens à venir magasiner sur la rue Saint-Denis, où il y a du stationnement disponible en ce moment », a ajouté Mme Plante.

«Insultant», selon une commerçante

Plusieurs commerçants de la rue Saint-Denis et de la rue Bellechasse ont fait connaître leur opposition au REV. Ils estiment que les travaux d’aménagement nuisent à leurs affaires, et que l’impact négatif sera permanent en raison de la diminution du nombre d’espaces de stationnement et des voies de circulation pour les voitures.

Trois commerçants de la rue Saint-Denis ont même envoyé une mise en demeure à la mairesse de Montréal, le 15 septembre, lui enjoignant de « suspendre ou d’annuler les travaux » d’aménagement du REV.

Selon l’une des instigatrices de cette mise en demeure, Madeleine de Villers, propriétaire de la boutique Zone, le programme annoncé par l’administration municipale est «presque insultant».

«Ce n’est pas 5000 $ qui va sauver les commerçants», a-t-elle réagi. «Ça ne me semble pas du tout suffisant. Les commerces sont surtaxés à Montréal, la mairesse est en train de tuer la poule aux œufs d’or en créant plein d’entraves qui empêchent les autos de circuler. Elle ne démontre aucune empathie envers les commerçants.»

Mme de Villers ne prévoit cependant pas donner suite à la mise en demeure envoyée à l’administration Plante, puisqu’elle estime que des recours judiciaires auraient peu de chances de succès.