Des commerçants de la rue Saint-Denis menacent de poursuivre la Ville de Montréal en raison des controversés travaux d’aménagement d’une piste cyclable sur cette artère majeure, qui risque de « rendre impossible la survie de leurs commerces », disent-ils.

Isabelle Ducas Isabelle Ducas
La Presse

Trois d’entre eux viennent d’envoyer une mise en demeure à la mairesse Valérie Plante, lui enjoignant de « suspendre ou d’annuler les travaux » d’aménagement du Réseau express vélo (REV), qui ont commencé il y a quelques semaines.

« Ce n’est pas le moment d’aménager une autoroute pour vélos, juste avant l’hiver, avec un chantier de deux mois qui risque de nous achever », s’insurge l’une des responsables de la mise en demeure, Madeleine de Villers, propriétaire de la boutique Zone. « Les bulldozers sont arrivés, les conditions sont catastrophiques sur la rue Saint-Denis, il n’y a qu’une seule voie d’ouverte. »

Les deux autres commerces qui mènent la charge sont Mycoboutique et Optique George Laoun. Ils disent représenter une soixantaine d’autres commerçants.

« Survie impossible »

Les contestataires « estiment que la situation actuelle équivaut à une expropriation à l’égard de plusieurs d’entre eux, ou rend à tout le moins impossible la survie de leur commerce, tant ils subissent et subiront des inconvénients qui n’ont rien de normal relativement à de tels travaux et à leurs suites », indique le texte de la mise en demeure envoyée à la mairesse.

« L’administration municipale a certes droit de réaliser des projets pour le bien commun […]. Mais pas envers et contre tous. Pas en pleine pandémie alors que nombre des commerçants sont acculés à la faillite et qu’il existe une réelle possibilité, malheureusement déjà démontrée, que la situation actuelle soit le coup de grâce pour nombre d’entre eux. »

Les mécontents font entendre leur opposition au projet depuis un certain temps déjà, et ils déplorent le manque d’écoute de la mairesse Plante et du maire de l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal, Luc Rabouin.

Valérie Plante a annoncé la semaine dernière que les commerçants affectés pourraient être indemnisés. Mais Madeleine de Villers qualifie cette annonce de « poudre aux yeux ».