Trois nouveaux sites pour sans-abri ont été dévoilés jeudi matin à Montréal.

Louise Leduc Louise Leduc
La Presse

L’un se trouve dans l’ancien hôpital Royal-Victoria, sur le mont Royal, un autre au Complexe Guy-Favreau (réservé aux Autochtones) et le dernier, à l'ancien YMCA d'Hochelaga.

Au total, ce sont 850 lits qui seront disponibles dans ces trois sites ou dans les refuges habituels, auxquels s'ajouteront 200 autres dans un lieu qui sera confirmé ultérieurement. En gros, on revient au nombre de lits qui sont habituellement disponibles.

Au début de la pandémie, en raison de la nécessaire distanciation physique, les refuges ne pouvaient plus accueillir autant de gens et des sites d'urgence ont d'abord été mis en place. C'est parce que ces sites d'urgence (situés dans des arénas, des centres sportifs, etc.) ont été démantelés que les trois nouveaux sites ont été aménagés.

Valérie Plante, la mairesse de Montréal, a souligné que «la crise sanitaire a amplifié les inégalités» , comme en témoigne la dizaine de sites d'urgence qui ont dû être aménagés «en un temps record».

Avec les trois nouveaux endroits, on espère que les personnes en situation d'itinérance à Montréal pourront «bénéficier d'un toit, prendre des repas et recevoir un accompagnement de qualité», a dit la mairesse.

Comme l’explique Émilie Fortier, directrice des services à la Mission Old Brewery, 1400 personnes vulnérables ont été sondées au cours des derniers mois afin de connaître leurs besoins.

L’ancien hôpital Royal-Victoria, qui est déjà utilisé depuis l’hiver dernier, offrira des services complets visant notamment l'intégration sociale des démunis. « On accueille les personnes et on les aide à accéder à un logement. On est ici au moins jusqu’au 31 mars », explique Mme Fortier.

Mme Fortier a salué l’apport des autorités en santé publique qui, dit-elle, ont donné un gros coup de main. « En itinérance, les éclosions de COVID-19 ont été bien contrôlées. »

Heather Johnson, directrice générale de Projets autochtones, s'est réjouie des 48 places qui seront réservées aux autochtones. Elle a aussi exprimé sa gratitude envers les employés des refuges «qui, depuis cinq mois, travaillent dans une situation extrêmement difficile en mettant leur santé en danger, sans être payés beaucoup».

Pour sa part, Annie Savage, directrice intérimaire du Réseau d'aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal, a jugé l'annonce du jour insuffisante. «Il y a des personnes qui vivent dans des tentes partout à Montréal. La Ville les démantèle et elle n’offre aucune réponse adaptée. Les femmes, les jeunes et les aînés ont des besoins spécifiques. C’est drôle, je n’ai pas entendu la mairesse dire ce que son administration allait faire pour faciliter la réalisation des différents projets de logement social en attente de permis de démolition et complètement paralysée depuis des mois, voire des années.»

Interrogées à l'extérieur de l'Hôpital Royal-Victoria, des personnes en situation d'itinérance ont dit qu'elles y étaient bien, même si des choses doivent être améliorées. L'absence de buanderie, obligeant chacun à laver ses vêtements à la main, a notamment été évoquée.