Dans certains quartiers, c’était le secret le mieux gardé à Montréal, samedi : de rares piscines publiques ont ouvert en cette canicule hors du commun.

Louise Leduc Louise Leduc
La Presse

Il est tout à fait inhabituel qu’on en soit déjà à un deuxième épisode de canicule si tôt dans la saison (voir encadré).

Et pourtant, certaines piscines étaient loin de devoir refuser des baigneurs, l’autorisation de dernière minute de la Santé publique n’ayant pas fait l’objet d’une large publicité.

Pour tout dire, la seule façon de savoir si une piscine était assurément ouverte était de passer ou d’essayer d’appeler, certaines piscines étant accessibles même si le site de la Ville ne l’affichait pas.

Au parc Jarry, dans Villeray, et au parc Martin-Luther-King, dans Côte-des-Neiges, il n’y avait aucune file d’attente.

PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE

Danièle Lemay, devant la piscine du parc Jarry, dans le quartier Villeray, à Montréal

J’habite tout près et l’ouverture de la piscine, je l’attends depuis des semaines. Pour moi, la piscine, c’est vital pour ma santé physique et mentale. Beau temps, mauvais temps, je suis toujours ici, et c’est si important pour moi que je serais même prête à prendre un petit risque d’attraper la COVID-19.

Danièle Lemay

Mais samedi, rien à craindre. Malgré le soleil de plomb, il y avait tout au plus 100 personnes dans la piscine ou autour, et il n’y avait là aucune difficulté à garder ses distances.

Malgré le bonheur de retrouver la piscine après le long confinement, Mme Lemay s’est montrée très déçue que la Ville n’ait pas d’emblée réservé des plages horaires pour les nageurs qui font des longueurs.

Habituellement, tôt le matin, la piscine est réservée aux nageurs une heure ou deux. Pas cette année. À la Ville, déplore aussi Marlène Charron, ç’a été une fin de non-recevoir. En temps de COVID-19, pas de couloirs ni de plages horaires réservées. « Pour moi, une piscine où l’on ne peut pas nager, c’est comme si on ne permettait que les pique-niques sur un terrain de soccer. »

Peter Kalogerakos, qui habite Parc-Extension et qui utilise la piscine pour se rafraîchir et non pour se remettre en forme, était, lui, tout content. « Je promène mon petit chien tous les jours et j’ai bien suivi le dossier, du moment où la piscine a été repeinte et remplie jusqu’aux derniers tests de qualité de l’eau ! »

Comme tant d’autres, c’est tout à fait par hasard que Nadine Aridi a appris que sa piscine de quartier était ouverte. Pour tout dire, elle ne savait pas qu’il y avait une piscine là, dans Côte-des-Neiges. « Je suis arrivée du Liban en octobre », explique-t-elle.

Avec ses trois enfants, elle est repartie chercher maillots et serviettes.

En milieu d’après-midi, il n’y avait encore que de 60 à 70 personnes dans toute l’enceinte de la piscine du parc Martin-Luther-King.

D’autres piscines, comme celle du parc Baldwin, étaient par contre plus fréquentées, et il a été nécessaire de limiter le nombre de minutes permises dans l’enceinte.

Des jeux d’eau, pataugeoires et locaux municipaux climatisés ont par ailleurs été mis à la disposition des citoyens.

S’il y a 40 % de possibilité d’averses, le jour de la fête des Pères (petit rappel !), les températures dépasseront les 30 °C jusqu’en milieu de semaine. Vue d’ici, la Saint-Jean-Baptiste, mercredi, s’annonce arrosée et un peu moins chaude, avec 24 °C prévus.