Des parents qui occupent des emplois jugés essentiels risquent d’avoir des maux de tête au sujet de la garde de leurs enfants, lorsque les services de garde d’urgence en milieu scolaire fermeront leurs portes, ce vendredi, alors que les camps de jour ne sont pas encore en activité partout.

Isabelle Ducas Isabelle Ducas
La Presse

Anne-Marie St-Amant a dû se trouver un Plan B en catastrophe quand elle a appris, lundi, que le service de garde fréquenté par son fils de sept ans ne rouvrirait pas la semaine prochaine.

Là où elle habite, à Saint-Eustache, les camps de jour ne seront accessibles que le 29 juin.

Les services de garde d’urgence en milieu scolaire ont été mis en place dans la grande région de Montréal, là où les écoles sont demeurées fermées, pour recevoir les enfants dont les parents travaillent dans le milieu de la santé, notamment.

« Au départ, sur le site du gouvernement, il était indiqué que les services de garde d’urgence en milieu scolaire seraient offerts jusqu’au 30 juin. Beaucoup de parents s’étaient organisés en fonction de cette date », souligne Mme St-Amant, qui travaille pour un Centre intégré de santé et de services sociaux. « Mais dernièrement, la date a été retirée. C’est maintenant indiqué que les services de garde sont offerts jusqu’à la fin de l’année scolaire. »

La fin de l’année scolaire, c’est vendredi le 19 juin dans plusieurs commissions scolaires.

Vérification faite auprès de l’Association québécoise de la garde scolaire (AQGS), c’est le 29 mai seulement que les services de garde dans les écoles ont appris qu’ils devraient fermer après le 19 juin.

« La décision s’est prise tardivement, ça ne laissait pas beaucoup de temps aux parents de trouver des solutions pour la garde de leur enfant », dit Diane Miron, directrice générale de l’AQGS. « C’est compréhensible que certains se retrouvent dans une situation embarrassante. »

Pourquoi ce service, censé permettre aux travailleurs essentiels de demeurer en poste, n’a-t-il pas été prolongé pour tenir compte de la date d’ouverture des camps de jours ? Le ministère de l’Éducation n’a pas pu répondre à cette question.

« Il aurait fallu du financement supplémentaire pour les garder ouverts », souligne Diane Miron.

Anne-Marie St-Amant souligne que bien des parents ne peuvent prendre congé pour s’occuper de leurs enfants à la maison, puisque les vacances sont limitées pour les employés du réseau de la santé.

« Depuis le début de la pandémie, les questions d’organisation familiale provoquent énormément de stress, et la fermeture des services de garde ajoute un élément de plus », dit-elle.

Elle a elle-même dû solliciter ses parents pour s’occuper de son fils pendant quelques jours. « Comme ils ont plus de 70 ans, ils vont rester à l’extérieur pour superviser mon fils, à distance, explique-t-elle. J’espère qu’il va faire beau ! Après, je vais peut-être devoir m’absenter du travail et en subir les conséquences ».