La gestion des coyotes a coûté depuis 2017 près de 450 000 $ aux contribuables montréalais, principalement pour l’embauche de trappeurs et d’agents spécialisés qui mènent des activités de sensibilisation auprès de la population. 

Tristan Péloquin
Tristan Péloquin La Presse

Selon des données contractuelles consultées par La Presse, ce sont les activités de pistage, de piégeage et d’effarouchement des coyotes, confiées à des sous-traitants, qui ont coûté le plus cher à la Ville, avec des dépenses totalisant 224 000 $. 

Moins de 20 coyotes ont jusqu’à maintenant été capturés dans le cadre du programme de gestion de ces animaux sauvages, dont le nombre de signalements problématiques a explosé à l’été 2017, principalement près du parc Frédéric-Back dans l’arrondissement de Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension. 

Aucune campagne de piégeage n’a cependant été nécessaire en 2019, selon un rapport de gestion que vient de publier la Ville de Montréal. Des dizaines de signalements étaient dus à un seul individu, probablement rendu plus agressif par la gale sarcoptique et une blessure à une patte avant, qui a disparu de l’écran radar de la Ville à l’été 2019. « Il pourrait vraisemblablement être mort des suites de ses blessures et de sa mauvaise condition physique », suggère le rapport de gestion consulté par La Presse

La Ville a aussi versé près de 200 000 $ au Groupe uni des éducateurs-naturalistes et professionnels en environnement (GUEPE), dont les employés s’occupent de la ligne Info-coyote (438 872-COYO), mise sur pied en avril 2018. Les intervenants de GUEPE ont le mandat à la fois de prendre les signalements des citoyens et de rassurer la population en transmettant de l’information et des consignes de sécurité. Le mandat était trop spécialisé pour le confier aux agents du 3-1-1, la ligne destinée aux services aux citoyens. 

« Partis de zéro »

En entrevue avec La Presse, la responsable du dossier des coyotes à la Ville de Montréal, Émilie Thuillier, s’est dite satisfaite d’avoir réussi à mettre sur pied un tel programme avec « assez peu de ressources et avec beaucoup de bonne volonté ». 

« Nous sommes partis de zéro et nous avons constitué une équipe essentiellement avec des gens qui étaient déjà là. Nous n’avons pas embauché de nouvelles personnes », a indiqué l’élue. 

Selon elle, l’approche de « coexistence » préconisée par l’administration Plante a permis de « renverser la tendance » et fait ses preuves. « Nous sommes en train de devenir une référence pour la gestion des coyotes, tant auprès d’autres villes canadiennes qu’auprès de municipalités québécoises aux prises avec le problème des coyotes. Nous développons une littérature en français qui peut être utilisée par les autres », se félicite Mme Thuillier. 

— Avec la collaboration de William Leclerc, La Presse