La police de Montréal enquête sur une vague d’actes de vandalisme commis contre au moins trois pagodes bouddhistes vietnamiennes depuis le début du mois de février. Les gestes sont « traités comme des crimes haineux » puisque des signes religieux ont été visés.

Daphné Cameron
Daphné Cameron La Presse

Statues défigurées ou détruites, les traces de ces crimes demeuraient bien visibles encore mercredi devant les trois pagodes visées : Chua Quan Am, dans le quartier Côte-des-Neiges, ainsi que l’Association bouddhique Thuyen Ton et le Centre socioculturel bouddhique Huyen, tous deux dans le quartier Rosemont.

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Rencontrée au Centre socioculturel bouddhique Huyen mercredi, la vice-présidente Dinh Tran s’est dite attristée par le saccage de quatre statues de lion devant le temple la semaine dernière.

Le Service de police de la Ville de Montréal a refusé de fournir les dates et de confirmer les lieux où sont survenus les crimes. « Après vérifications, le SPVM a reçu des plaintes concernant certains de ces méfaits », s’est borné à écrire le service des communications du corps de police dans un courriel.

Selon des vidéos de surveillance obtenues par Radio-Canada, une personne a violemment saccagé des statues de pierre érigées devant la pagode Chua Quan Am Montréal dans la nuit du 1er au 2 février à l’aide d’une massue. Des évènements similaires se seraient produits dans la nuit du 22 au 23 février.

Coronavirus

Ces actes de vandalisme ont d’abord été rapportés sur Facebook par Louis Le, un membre des Forces armées canadiennes qui fait du bénévolat au temple Chua Quan Am. Ce dernier a aussi publié des photos des lions à l’entrée du quartier chinois qui portaient des marques de peinture. Le jeune homme de 24 ans voit un lien entre tous ces évènements qui, dit-il, suscitent la peur chez les personnes âgées de la communauté vietnamienne.

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Les traces de vandalisme demeuraient bien visibles encore mercredi devant la pagode Chua Quan Am, dans le quartier Côte-des-Neiges.

« J’ai réfléchi à ça et je dirais que des crimes de haine contre les communautés asiatiques et bouddhistes, ce n’est pas vraiment répandu. Moi, ma seule explication, c’est que ça ne peut pas être des coïncidences. En ce moment, à cause de la crise du coronavirus, les gens associent cela aux Asiatiques. Pour moi, c’est l’explication la plus logique », a-t-il déclaré en entrevue avec La Presse.

« Selon nos informations, il n’y a aucun lien avec le coronavirus », a pour sa part indiqué le SPVM dans son courriel.

Rencontrée au Centre socioculturel bouddhique Huyen mercredi, la vice-présidente Dinh Tran s’est dite attristée par le saccage de quatre statues de lion devant le temple la semaine dernière. « Je ne comprends pas pourquoi ils ont fait cela, a-t-elle affirmé. Lorsque je pense au fait qu’ils pourraient revenir, j’ai peur. »