Des milliers d’usagers des trains de banlieue de Deux-Montagnes et de Mascouche ont subi des retards allant jusqu’à 90 minutes, jeudi matin, après avoir été coincés dans un embouteillage ferroviaire majeur dans le tunnel du mont Royal.

Bruno Bisson Bruno Bisson
La Presse

Peu avant 7h, le train #922, parti de la gare de Deux-Montagnes en direction de la gare Centrale, à Montréal, une voiture automotrice MR-90 s’est immobilisée d’elle-même après que les systèmes de détection du train eurent détecté une fuite d’air dans des valves, qui servent notamment à alimenter les freins.

Selon Catherine Maurice, porte-parole du réseau exo, responsable des trains de banlieue de la métropole, la température très froide en ce début de journée aurait fait geler ces deux valves d’air. Au dégel, pendant le trajet, elles ont commencé à présenter des fuites qui ont déclenché le système d’arrêt automatique du train, pour des raisons de sécurité.

Au moment de l’arrêt, le train se trouvait encore à des centaines de mètres de la gare Centrale dans le tunnel, qui ne possède pas de sortie de secours. Le train qui avait précédé le 922 à la gare Centrale, et qui était en attente de son prochain départ, a remonté le tunnel jusqu’au train en panne.

Les passagers ont alors été transbordés dans le train de secours avec l’aide d’employés d’exo, puis transportés à la gare Centrale où ils sont finalement arrivés avec plus d’heure de retard.

Officiellement, l’incident était clos à 7h53. Mais en pratique, tous les départs des trains Deux-Montagnes et de Mascouche qui devaient suivre le train 922 dans le tunnel sous le mont Royal, en pleine période de pointe du matin, ont dû aussi s’immobiliser, en attendant que la voie se libère.

Au final, tous les trains de la pointe du matin en partance des gares de Deux-Montagnes et Mascouche ont ainsi été retardés, en cascade. On estime qu’en semaine, durant le pointe du matin, environ 18 000 personnes se déplacent vers le centre-ville de Montréal sur ces deux lignes de trains.

Le service est revenu peu à peu à la normale seulement à partir de 10h jeudi matin.

«Ça promet!»

Sur la page Facebook du Mouvement/Rally Deux-Montagnes, l’incident n’a pas manqué de provoquer des réactions acerbes des usagers à l’endroit du réseau exo ou de Bombardier, qui opère les trains et fait leur entretien.

Déjà échaudés par une fermeture prochaine du tunnel du mont Royal, qui mettra fin aux services actuels de trains de banlieue jusqu’au centre-ville, des usagers n’ont pas manqué de faire un parallèle entre l’incident de jeudi matin et le chaos quotidien que plusieurs appréhendent lorsque leur liaison en transport collectif exigera jusqu’à deux correspondances entre des modes de transport.

Un usager du train de 6h17, parti de Mascouche vers la gare Centrale, a affirmé que le train avait dû s’immobiliser à la gare Sauvé afin de permettre aux passagers d’en descendre et d’aller prendre le métro à la station Sauvé, située 250 mètres plus loin. En raison de l’étroitesse du trottoir, mal déneigé, «des centaines de passagers sont forcés de marcher à la queue leu leu par une température de -33C (facteur éolien inclus) avant de s'engouffrer par les deux minuscules portes de l'édicule qui donne accès à la station de métro.»

Une usagère du train de banlieue de Deux-Montagnes a pour sa part publié une photo montrant une file de plusieurs centaines de personnes quittant la gare Montpellier, vers 7h du matin, pour aller prendre un autobus régulier de la Société de transport de Montréal, qui ne dispose d’aucune marge de manoeuvre pour desservir sa clientèle, en périodes de pointe.

«25 minutes dehors, pas de bus. Ça promet!», disait simplement le commentaire accompagnant la photo.

«Il ne faudrait pas que les gens fassent des amalgames entre ce qui s’est passé ce matin et ce qui se passera avec les mesures de remplacement, après la fermeture tu tunnel», a tenu à préciser Mme Maurice.

«Il y a une grosse différence entre une situation d’urgence, non planifiée, comme celle qui est arrivée ce matin, et les mesures d’atténuation qui, elles, seront livrées de manière planifiée, avec des autobus qui vont attendre les passagers à leur descente du train.»

Les services sur ces deux lignes de trains de banlieue seront interrompus dans des gares du nord de Montréal, à compter du 30 mars prochain, en raison de travaux majeurs de modernisation de ce tunnel, qui restera fermé pour au moins deux ans.