Un projet d’un demi-milliard de dollars pour la désinfection des eaux usées de Montréal présente de multiples problèmes éthiques, selon un rapport de l’inspectrice-générale qui vient d’être déposé au conseil municipal.

Philippe Teisceira-Lessard Philippe Teisceira-Lessard
La Presse

Degrémont, la grande firme d’ingénierie qui gère le traitement à l’ozone des eaux sur le point d’être rejetées dans le Saint-Laurent, a été avantagée dans l’attribution d’importants contrats, selon l’enquête.  

Des employés et un retraité de l’entreprise ont même été impliqués dans la rédaction des appels d’offres qu’ils allaient ensuite gagner, selon l’inspectrice-générale.

Me Brigitte Bishop s’est dite « grandement préoccupée du portrait dégagé par l’ensemble des faits révélés ». Elle s’en est pris à « l’insouciance inadmissible dont ont fait preuve les employés de la Station à l’endroit de l’intégrité des règles d’octroi de contrats publics ».

Les travaux de Degrémont sont toujours en cours à la station d’épuration Jean-R. Marcotte, dans Rivière-des-Prairies, mais l’octroi des contrats en cause remonte aux années 2010 à 2013.

Mme Bishop a recommandé une surveillance rapprochée du contrat accordé à Degrémont, mais la résiliation de celui accordé à Pierre-André Liechti, un expert qui aurait avantagé sa propre invention dans la rédaction d’un appel d’offres. Il « a contrevenu à son obligation d’indépendance », juge l’inspectrice-générale.

M. Liechti a exprimé des regrets quant à certains de ses gestes, alors que Degrémont a défendu la façon dont elle avait agi.

Sylvain Ouellet, responsable du dossier de l’eau au sein du comité exécutif de la mairesse Valérie Plante, a affirmé au conseil municipal qu’il comptait prendre le temps de lire la centaine de pages du rapport avant de le commenter.