La mairesse de Montréal Valérie Plante comprend la députée Christine Labrie, qui a ébranlé l’Assemblée nationale en diffusant et portant plainte auprès de la police pour des messages haineux. Mme Plante affirme recevoir « souvent » des propos haineux.

Sara Champagne Sara Champagne
La Presse

« Ce qui a de particulier, c’est qu’on finit par s’habituer à recevoir des propos haineux. On finit par se dire que c’est pas si mal, dans le fond. Mais, pourtant, il y a des paroles dégoûtantes, dégradantes, de la violence même. Des hommes aussi sont visés. J’invite donc tout le monde à adopter une politique de tolérance zéro. »

La mairesse croit que la députée de Sherbrooke a pris la bonne décision en portant plainte auprès de la sécurité publique.

« Il faut envoyer un message à ceux et celles qui pourraient penser pouvoir dire n’importe quoi, dont des menaces, derrière un clavier. Ce n’est pas acceptable, ce n’est pas dans le genre de société qu’on veut vivre, et les gens doivent être imputables. »

Depuis l’arrivée de l’administration Plante à la tête de la Ville de Montréal, une politique de tolérance zéro a été implantée en collaboration avec le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM). Une veille des réseaux sociaux est assurée. Des procédures légales sont prévues.

Le 27 novembre, l’intervention de la députée de Sherbrooke avait été faite dans le cadre de la campagne internationale de sensibilisation à la cyberintimidation. Elle avait demandé à ses quatre collègues députées solidaires - Manon Massé, Catherine Dorion, Ruba Ghazal et Émilise Lessard-Therrien - de lui transmettre des exemples de messages haineux qui sont leur lot quotidien.

Christine Labrie s’était ensuite excusée à l’avance pour des propos qui ne respecteraient pas le décorum parlementaire. Elle avait estimé nécessaire de les rendre publics, parce qu’ils faisaient partie de la vie des femmes députées.

L’énumération des propos violents et misogynes qui a suivi avait choqué et ému, d’abord, avant de susciter les applaudissements nourris de tous les parlementaires présents.

La vice-présidente de l’Assemblée nationale, Chantal Soucy, avait ajouté que l’hostilité manifestée en ligne envers les femmes était une cause directe de leur hésitation à s’engager en politique.

-Avec La Presse canadienne