La direction de la Société de transport de Montréal (STM) a assuré mercredi que la cinquantaine d’autobus promis pour assurer les services de navettes de dépannage aux usagers du train de banlieue de Deux-Montagnes, le 6 janvier prochain, seront en place comme prévu, avec les chauffeurs syndiqués de la société au volant.

Bruno Bisson Bruno Bisson
La Presse

Aux prises depuis des mois avec ses propres problèmes de disponibilité des bus, la STM a loué 30 véhicules de type autocar de l’entreprise Autobus Galland de Laval, pour une durée de six mois. Le coût de cette location, incluant l’entretien des véhicules, s’élèvera à 2,9 millions.

Le directeur général de la STM, Luc Tremblay, a affirmé mercredi que cette facture serait assumée à même l’enveloppe ministérielle de 192 millions réservée par Québec pour financer les mesures d’atténuation découlant de la fermeture du tunnel ferroviaire sous le mont Royal, le 6 janvier.

Les autocars seront utilisés pour assurer les services du trainbus 968, qui reliera la gare Roxboro du train de Deux-Montagnes et la station de métro Côte-Vertu. Ils seront aussi mis à profit sur la navette 919 entre la station Acadie, sur la ligne bleue du métro, et la station Namur, sur la ligne orange, en passant par la municipalité de Mont-Royal.

Toutefois, pour les services de la navette 964, qui assurera le transit de milliers d’usagers du train entre la gare Bois-Franc et la station de métro Côte-Vertu, l’utilisation d’autocars aurait été inadéquate. Ce type de véhicule est d’abord conçu pour le transport interurbain et dispose d’une seule porte pour l’embarquement.

Or, pour être efficace, la navette 964 devra permettre un embarquement accéléré par plusieurs portes, comme un autobus urbain. La STM fournira donc aussi 16 de ses bus pour assurer les services de la navette 964, à compter du 6 janvier 2020.

110 bus manquants

Cette mise au point de la STM survient au moment où un manque chronique de véhicules en état de rouler prive quotidiennement les usagers habituels d’une partie des services que la STM devrait offrir, en périodes de pointe.

La STM dispose d’un parc d’autobus d’un peu plus de 1800 véhicules. Il lui en faut 1425 chaque jour pour assurer tous les services normalement prévus durant ces périodes critiques, matin et soir.

Vendredi dernier, seulement 1280 autobus de la STM étaient disponibles pour le service, un manque à gagner de 145 véhicules, ou 10 % des services normalement assurés. Mercredi, 1315 autobus ont pris la route en période de pointe du matin, une amélioration de 35 véhicules. Il en manquait tout de même encore 110 pour assurer une couverture complète du réseau.

À l’ouverture de la séance du conseil municipal, mercredi, les élus de l’opposition ont talonné l’administration Plante au sujet des navettes promises pour les mesures d’atténuation liées à la construction du REM et à la fermeture de la ligne de train de Deux-Montagnes.

Le conseiller indépendant de ville Marvin Rotrand estime que le service habituel devra être « cannibalisé » pour offrir les navettes aux usagers des lignes de train touchées par les travaux du REM. « Où va-t-on trouver les chauffeurs ? » a-t-il demandé.

Le conseiller de Projet Montréal et membre du comité exécutif Craig Sauvé a fait écho aux assurances données par la STM en affirmant que « le service sera livré ». « On va être au rendez-vous pour offrir des navettes le 6 janvier. »

— Avec la collaboration de Sara Champagne, La Presse