La conversion des installations d’entretien de la Société de transport de Montréal (STM) aux besoins d’un parc de plus de 2000 autobus entièrement électriques nécessitera des investissements d’« au moins 1 milliard » dans les prochaines années, selon un mémoire de la Ville de Montréal et de la STM déposé au ministère des Transports du Québec.

Bruno Bisson Bruno Bisson
La Presse

« La transition vers l’électrification n’est pas qu’une question de véhicules, indique ce mémoire daté du 5 novembre dernier. Les neuf centres de transport de la STM devront être adaptés pour permettre la recharge (électrique) d’une flotte de bientôt plus de 2100 bus ce qui, d’après les premières estimations préliminaires, devrait représenter des investissements d’au moins 1 milliard. »

Une première étape majeure vers l’électrification de ces installations pourrait être franchie avec le « centre de transport de l’Est » que la STM souhaite mettre en chantier dès l’an prochain. L’immense garage de 30 000 mètres carrés, prévu à l’angle de l’avenue Souligny et de la rue Dickson, dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, pourra accueillir 250 autobus, et devrait recevoir uniquement des autobus hybrides ou électriques à partir de 2023, après des investissements estimés à 370 millions.

Les enjeux liés à l’électrification du réseau de surface de la STM seront au cœur du budget 2020 et du prochain programme d’investissements 2020-2030 que la société de transport rendra publics jeudi matin au centre de transport Saint-Denis, qui devait fermer ses portes, mais qui sera rouvert en janvier 2020 après des travaux d’aménagement.

Une transition amorcée

Dans leur mémoire présenté dans le cadre d’une consultation gouvernementale sur le financement de la mobilité, Montréal et la STM soulignent que « la transition vers des réseaux de surface entièrement électriques exigera des investissements considérables ».

Ces investissements, ajoute-t-on, « ne pourront pas se faire sans un engagement et un soutien ferme du gouvernement du Québec », à qui on propose un « partenariat financier de 10 ans » pour renouveler tout le modèle financier des transports collectifs.

La transition énergétique a déjà commencé à la STM. Depuis plusieurs années, la société n’achète plus d’autobus roulant au diesel. Tous ses achats récents sont des véhicules hybrides, ce qui inclut les 300 autobus additionnels promis par la mairesse Valérie Plante en campagne électorale, ou tout électriques, comme ceux qui roulent déjà sur la ligne d’autobus Monk, dans le quartier des affaires de la métropole.

La STM a de plus reçu livraison, il y a seulement 10 jours, du premier de ses 30 autobus entièrement électriques achetés à l’été 2018. Il s’agit du premier autobus de la STM dit à « recharge lente », parce que ses batteries se rechargent pendant la nuit, au garage, et non en bout de ligne, comme les autobus électriques Nova de la ligne Monk.

L’autobus construit par New Flyer, une entreprise du Manitoba, circulera dans les rues de la métropole durant des semaines sans passagers, pour permettre à la STM d’évaluer son comportement routier et son autonomie énergétique durant la saison hivernale. Les autres véhicules commandés seront livrés à partir de l’été prochain.

La STM prévoit également de lancer un appel d’offres d’ici à la fin du mois pour l’achat de 20 autobus articulés tout électriques, qui assureront la desserte du futur Service rapide par bus (SRB) du boulevard Pie-IX, dans l’est de Montréal. Un règlement d’emprunt de 66 millions a été entériné par la direction de la STM afin de financer ces acquisitions, il y a deux semaines.