La conseillère de Verdun, Marie-Josée Parent, reconnue comme la première élue autochtone de la Ville, s’est retirée mardi du dossier de la réconciliation après qu’un généalogiste a remis en question les origines micmaques qu’elle revendique.

Judith Lachapelle Judith Lachapelle
La Presse

Mme Parent, qui a été élue en 2017 avec l’Équipe Coderre avant de passer à Projet Montréal en janvier dernier, était responsable du dossier de la réconciliation avec les peuples autochtones au comité exécutif. Elle s’est toujours présentée comme étant d’origines micmaque et acadienne, ce qui avait fait d’elle la première élue autochtone de l’histoire de Montréal. Auparavant, Mme Parent a notamment été coprésidente du Réseau pour la stratégie urbaine de la communauté autochtone de Montréal, qui a conçu la programmation autochtone du 375e anniversaire de Montréal.

Éric Pouliot-Thisdale, un chercheur généalogiste mohawk, s’est intéressé à la généalogie de la famille Parent à la suggestion de connaissances qui trouvaient étrange que la conseillère reste vague sur l’identité de ses ancêtres. Après quatre heures de recherche dans les archives publiques, il a publié dimanche sur Facebook le résultat de son travail.

Il en ressort que Marie-Josée Parent — de même que sa sœur André-Yanne, membre du Conseil des Montréalaises et qui s’identifie elle aussi comme d’origine micmaque — a bien des ancêtres paternels acadiens du Nouveau-Brunswick, mais aucun n’était autochtone. Du côté maternel, il faut remonter à la 12e génération pour trouver le nom de Michel Haché-Gallant, qui s’est marié en 1690 et qui, selon certaines sources généalogiques, aurait eu une mère autochtone.

« Sentiment d’appartenance »

Après avoir discuté avec les deux femmes, Éric Pouliot-Thisdale dit ne pas avoir eu d’explication claire quant à leurs prétentions. « Je leur ai demandé le nom de leur ancêtre. Mais quand les gens te répondent que “c’est ben compliqué”, généralement, c’est qu’ils ne le savent pas », raconte M. Pouliot-Thisdale.

Dans une déclaration transmise aux médias mardi, Marie-Josée Parent évoque un « sentiment d’appartenance à la nation M’ikmaq [qui] émerge d’une tradition orale familiale qui raconte les affiliations que nous avons avec cette Nation, à différents moments de notre histoire, et d’un long processus de réinscription de notre famille dans une culture avec laquelle nous avions perdu plusieurs liens, mais de laquelle nous avons aussi reçu des enseignements importants ».

« On est pas mal tannés de voir comme ça des gens qui apparaissent, qui se disent autochtones, qui prennent les emplois [destinés aux autochtones] », dit M. Pouliot-Thisdale. « Est-ce de l’opportunisme ? Est-ce de la malice ? », ajoute-t-il, sans se prononcer sur les motivations des deux sœurs. « Elles ont fait de belles contributions, mais le fond de ça, c’est qu’elles ont bénéficié de subventions ou promotions pour les autochtones. »

Au bureau de la mairesse Plante, on considère que Mme Parent « a pris la bonne décision » en se retirant du dossier de la réconciliation « considérant le malaise exprimé par certaines personnes sur la façon dont elle présentait son identité ».