Les électeurs du Plateau-Mont-Royal qui choisiront un nouveau maire le 6 octobre auront le choix de voter pour un émule de Luc Ferrandez ou un émule… de Luc Ferrandez. À moins d’un revirement spectaculaire, cette élection partielle, qui va coûter près de 850 000 $ aux contribuables, devrait montrer hors de tout doute que le Plateau n’est pas près de laisser tomber son titre de fief écologiste et sportif.

Mario Girard Mario Girard
La Presse

Au cours des derniers jours, les affiches en vue de cette élection visant à pourvoir le poste laissé vacant le 14 mai dernier par l’ancien maire de l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal ont été noyées par celles de la campagne fédérale. Il fallait s’y attendre. On peut toutefois y voir celles de Luc Rabouin, candidat de Projet Montréal. Il pose d’ailleurs en compagnie de la mairesse Valérie Plante.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE

Luc Rabouin, candidat de Projet Montréal à la mairie du Plateau-Mont-Royal

Lors du lancement de sa campagne, Luc Rabouin a déclaré que « le temps des demi-mesures était terminé ». Euh… S’il y a quelque chose qu’on a peu connu sur le Plateau ces dernières années, c’est bien les demi-mesures. 

Ce spécialiste de l’économie sociale fait surtout référence à la « crise environnementale » qui se dresse devant nous. Il souhaite un changement radical sur ce plan.

Luc Rabouin a un programme solide, en totale harmonie avec le programme de son parti et en droit fil avec celui du maire sortant. Mais est-ce le fait que son parti est au pouvoir dans la ville-centre et que le conseil de l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal est formé de six conseillers de Projet Montréal ? Toujours est-il que Rabouin donne l’impression d’être au-dessus de ses affaires, alors qu’il ne devrait pas.

Il fait face à Marc-Antoine Desjardins, un avocat spécialisé dans la défense des accidentés de la SAAQ et de la CNESST. Ce sportif notoire s’est fait connaître grâce à la création des journées Cyclovia Camillien-Houde. Celui qui dit ne pas se « retrouver dans l’ADN des autres partis » propose tout de même une plateforme que l’on dirait approuvée par Projet Montréal.

PHOTO FRANÇOIS ROY, LA PRESSE

Marc-Antoine Desjardins, candidat de Vrai changement pour Montréal à la mairie du Plateau-Mont-Royal

Marc-Antoine Desjardins a choisi de se présenter sous la bannière de Vrai changement pour Montréal, le parti créé lors des élections de 2013 pour soutenir la candidature de Mélanie Joly et devenu moribond en novembre 2017, où il n’a réussi à faire élire aucun candidat.

Le candidat reconnaît que ses principales idées (le verdissement, le déploiement des transports collectifs et le développement des pistes cyclables) ressemblent en tout point à celles de Projet Montréal : « C’est compatible, mais ce n’est pas complaisant », m’a-t-il confié. Marc-Antoine Desjardins veut s’attaquer au problème de la mobilité dans le Plateau notamment en créant des carrefours giratoires. Cette idée suscite la perplexité chez son adversaire Luc Rabouin. Et chez moi aussi.

Marc-Antoine Desjardins a des idées à revendre, une vision claire et des concepts cousus main pour le Plateau. Le problème, c’est qu’il a choisi le mauvais parti. En fait, ce gars-là est celui que Projet Montréal aurait dû aller chercher. Mais bon, son travail sur le terrain le fera peut-être connaître auprès des électeurs.

Le troisième candidat est Jean-Pierre Szaraz, d’Ensemble Montréal. Ce parti qui assure une bonne présence dans Montréal-Nord, Pierrefonds-Roxboro, Saint-Laurent, Saint-Léonard, ne semble pas pour le moment déployer beaucoup d’énergie pour faire connaître son candidat.

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Jean-Pierre Szaraz, candidat d’Ensemble Montréal à la mairie du Plateau-Mont-Royal

« Je veux remettre les citoyens au cœur des priorités », m’a-t-il répété. Pour lui, ces priorités tournent autour de la protection des piétons, de l’uniformisation des vignettes de stationnement et de la réfection du terrain de balle molle dans le parc Jeanne-Mance.

Une préoccupation unit fortement les trois candidats : l’aide aux commerçants. Il faudrait être aveugle ou inconscient pour ne pas voir l’importante crise qui frappe l’activité commerciale du Plateau-Mont-Royal. Celle-ci est reliée à plusieurs choses, notamment à des éléments dont la Ville n’est pas responsable, je pense à la concurrence qu’offre le commerce en ligne.

Le fait que les trois candidats promettent tous une aide substantielle aux commerçants témoigne des besoins criants de ce secteur. Et cela nous indique que nous assistons au retour du balancier. Après des mesures d’apaisement de la circulation sévères et des travaux qui ont fait la vie dure aux commerçants, on veut maintenant trouver des solutions pour sauver la vie commerciale.

Les trois candidats ont compris l’importance d’une bonne activité commerciale dans la vie d’un secteur comme le Plateau. Ils ont surtout vu le pouvoir que pouvaient avoir les commerçants dans leur élection.

Cette course à la mairie dans l’arrondissement le plus jeune de Montréal (l’âge moyen est de 37,4 ans) pourrait facilement passer dans le beurre. Entre la campagne électorale fédérale et les occupations de la rentrée, il serait facile de la contourner. On aurait tort. Le choix de ce maire est important pour les 104 000 habitants du Plateau.

Au cours des dernières années, j’ai entendu un nombre incalculable de gens râler au sujet de Luc Ferrandez et des diverses mesures du Plateau-Mont-Royal. Et quand je demandais à ces gens s’ils étaient allés voter, la plupart me répondaient que non.

Pourtant, Luc Ferrandez a été élu trois fois.

Consultez le programme de Marc-Antoine Desjardins.

Consultez le programme de Luc Rabouin.

Consultez la biographie de Jean-Pierre Szaraz.