(Montréal) Les enquêteurs de la Sûreté du Québec tentent toujours de déterminer pourquoi le camion lourd à l’origine de l’accident mortel sur l’autoroute 440 Ouest n’a pas été en mesure de freiner à temps. Selon diverses informations recueillies par La Presse, la « distraction » du camionneur pourrait être en cause. Cette distraction pourrait provenir de plusieurs sources, dont l’utilisation d’un cellulaire, a-t-on appris.

Sara Champagne Sara Champagne
La Presse

À l’heure actuelle, les policiers tentent toujours d’obtenir un mandat pour obtenir les données du cellulaire du chauffeur. Selon nos informations, ils attendent aussi le rapport de reconstitution de l’accident, les vidéos des caméras de surveillance du secteur, et les images de tout témoin qui aurait pu capter la scène, par exemple avec une caméra go-pro. Ils analyseront les témoignages de gens qui ont assisté à l’accident. Un travail d’analyses minutieux rendu compliqué par la force de l’incendie à la suite de l’impact.

Les enquêteurs ont rencontré le conducteur de l’un des deux camions impliqués dans l’accident. Selon nos informations, ce dernier serait surpris par la vitesse à laquelle les événements sont survenus. Parmi les autres facteurs contributifs à l’accident, il y aurait la configuration des lieux. Aussi, un automobiliste aurait essayé de pénétrer dans la voie à la toute dernière minute, confirme la police.

Une expertise mécanique sera en outre effectuée sur le camion. Aurait-il par exemple manqué de frein ? C’est le mystère que les enquêteurs tentent d’élucider.

« Oui, c’est un secteur propice aux accidents, a dit une source policière à La Presse,  mais pas tant que ça. C’est un secteur comparable à la 132 pour entrer à Montréal à l’heure de pointe depuis la Rive-Sud. »

Tout en soutenant que le tronçon n’est « pas plus dangereux que d’autres », le ministre du Transport, François Bonnardel, s’est engagé ce matin à prolonger la ligne menant à la voie de service dans le secteur de l’autoroute 440 où il y a eu un terrible accident mortel, lundi, en fin de journée.

Selon le dernier bilan de la Sûreté du Québec, le terrible accident a causé la mort de quatre personnes, on dénombre au moins 15 blessés. L’une des victimes a été identifiée par les policiers, il s’agit de Robert Tanguay Laplante, âge de seulement 26 ans.

« À court terme, il serait possible d’améliorer la sécurité de cette voie de service, qui en est une extrêmement importante.  On va agir rapidement, dans les prochaines semaines », a-t-il ajouté.

En attendant, le gouvernement Legault entend demander aux patrouilleurs de la Sûreté du Québec d’augmenter les opérations de surveillance dans ce secteur névralgique de Laval. Il y a « 300 000 véhicules » qui circulent à cet endroit chaque jour, a affirmé le ministre Bonnardel, un secteur où l’on a dénombré une dizaine d’accidents dans les dix dernières années.

« On va changer le comportement des automobilistes.   On peut faire mieux. On va inviter les automobilistes à utiliser la sortie en amont, il y a un feu de circulation. Dans ce secteur, c’est aussi fort que la circulation autour de l’échangeur Turcot, de Décarie. Dans les circonstances, on va attendre le rapport de la SQ. Mais, on va agir rapidement. »

Plus tôt en matinée, le ministre Bonnardel a offert ses condoléances aux familles des victimes du grave accident survenu hier sur l’autoroute 440, à Laval.

« J’offre mes sincères condoléances aux familles et aux proches touchés par l’accident d’hier sur l’A-440. Je souligne le travail des premiers répondants qui ont porté secours aux personnes impliquées ainsi qu’aux équipes en amont », a écrit le ministre dans un tweet.

Le maire de Laval, Marc Demers, était aussi présent à la rencontre avec les médias, en compagnie du ministre Bonnardel, et Éric Girard, ministre des Finances et responsable de la région de Laval. Il a expliqué que la circulation est devenue de plus en plus lourde avec les nouveaux quartiers, et la population qui ne cesse d’augmenter sur la Rive-Nord.

« Il y a eu une évolution de la capacité de circulation, il y a des enjeux à regarder avec le ministère des Transports. Il y aura une enquête du Coroner. On va travailler ensemble. Mais, pour le moment, je tiens à réitérer que nos pensées vont ce matin vers les victimes, vers les premiers répondants », a dit le maire Demers.

- Avec la collaboration de Daniel Renaud