Prolonger le Réseau express métropolitain (REM) ? Implanter un court tramway ? Ou simplement miser sur des autobus? Ottawa étudiera comment relier le train électrique qui desservira l’aéroport Montréal-Trudeau à la gare de train de Dorval.

Pierre-André Normandin Pierre-André Normandin
La Presse

Le ministre canadien des Transports, Marc Garneau, participait vendredi matin à l’annonce du début des travaux pour aménager une station du REM à l’aéroport Pierre-Elliott-Trudeau. Il en a profité pour aborder la question du kilomètre qui séparera le terminus du train électrique qui entrera en fonction en 2023 et la gare de Dorval, où VIA Rail prévoit y faire passer sa ligne de train à haute fréquence.

Ottawa a ainsi prévu 2 millions pour étudier comment relier les deux. Le ministre Garneau a ainsi indiqué qu’on évaluera la possibilité de prolonger le tracé du REM sur 700 mètres. Il a aussi évoqué la possibilité d’implanter un court tronçon de tramway pour déplacer les passagers du train de VIA Rail jusqu’à l’aéroport. Solution plus économique, des autobus aussi pourraient être utilisés.

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Marc Garneau

Le ministre Garneau n’a pas évoqué d’échéancier précis pour réaliser cette étude, disant seulement vouloir procéder « le plus rapidement possible ».

Plus rapide

Avec l’arrivée du REM, l’aéroport sera mieux connecté au réseau de transport collectif de Montréal à partir de 2023, date de mise en service prévue de cette branche du projet de train électrique de la Caisse de dépôt.  

Avec le REM, il faudra compter environ 20 minutes à partir du centre-ville pour relier le terminal. C’est nettement plus vite qu’avec l’autobus 747 qui pouvait mettre jusqu’à 70 minutes, pour se rendre du centre-ville à l’aéroport.

Le train du REM devrait circuler aux 10 minutes aux heures de pointe et 15 minutes hors pointe.

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Benoit Dorais

« Ça va renforcer la compétitivité de Montréal, améliorer son dynamisme » a commenté Benoît Dorais, président du comité exécutif.

L’arrivée de cette branche du REM viendra combler un important trou dans la desserte de transport collectif, puisqu’il viendra se brancher au réseau de métro aux stations Bonaventure sur la ligne orange, McGill sur la verte et Édouard-Montpetit sur la bleue. La métropole québécoise accuse un important retard par rapport à d’autres grandes villes qui ont relié leur principal aéroport depuis longtemps. Les aéroports Charles-de-Gaulle de Paris et Heathrow de Londres sont desservis par les réseaux lourds de transport en commun depuis la fin des années 1970.

Débarcadère refait

La facture de la station est évaluée à 250 millions et sera couverte par Aéroports de Montréal (ADM). En effet, les responsables de Montréal-Trudeau profitent des travaux pour reconstruire son stationnement étagé et son débarcadère, un projet de 2,5 milliards. Ces travaux doivent permettre de tripler la capacité d’accueil du débarcadère.

Le débarcadère était en fin de vie utile et les voitures s'y empêtraient, des bouchons pouvant parfois se créer jusqu’à Côte-de-Liesse, a indiqué Philippe Rainville, PDG d’ADM.

ADM a confié la gérance à un consortium formé de Pomerleau, SNC-Lavalin et Kiewit.

Selon ADM, l’espace qui avait déjà été prévu dans l’aéroport pour servir de gare et qui ne sera finalement jamais utilisé aurait été trop petit. La station du REM et un étage de transit occupera une plus grande superficie qu’anticipé à l’époque. Un projet pour occuper cet espace sera annoncé cet automne.