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«J'étais très déçue, frustrée, en colère», dit Sue Montgomery

Sue Montgomery, mairesse de Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce, en février dernier... (PHOTO ROBERT SKINNER, ARCHIVES LA PRESSE)

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Sue Montgomery, mairesse de Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce, en février dernier

PHOTO ROBERT SKINNER, ARCHIVES LA PRESSE

« Je ne suis pas une bonne victime. Je n'ai pas pleuré. Je n'ai pas montré ma détresse. Ça fait partie de ma personnalité. »

Quelques jours après le jugement qui a acquitté celui qui la harcèle depuis 20 ans, Sue Montgomery espère que la Couronne interjettera appel de la décision de la juge Flavia Longo.

« Au début de la lecture du jugement, je croyais que la juge s'en allait vers un verdict de culpabilité. [...] J'étais très déçue, frustrée, en colère. J'étais bouleversée. Je suis retournée chez moi et j'étais vidée », a confié la mairesse de l'arrondissement de Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce.

Rappelons que dans sa décision rendue jeudi dernier, la juge Longo a reconnu que Mme Montgomery avait été victime de harcèlement sur une longue période de temps de la part de Robert Michael Edgar, mais pas de harcèlement criminel.

Selon la magistrate, Mme Montgomery n'a pas montré de signe d'effroi lors d'un autre épisode de harcèlement qui a eu lieu en mars 2018, alors qu'elle a attendu l'arrivée de la police pendant huit minutes tout près de Robert Michael Edgar. La scène était filmée. C'est cet évènement qui a semé « un doute raisonnable » dans l'esprit de la juge.

Pourtant, « j'ai pleuré au cours de mon témoignage », raconte la mairesse d'arrondissement, qui dit vivre avec une peur constante depuis des années.

« J'ai vraiment peur. Qui sait, peut-être un jour il va exploser ? J'ai peur que le jugement ne le conforte dans ses agissements. Que ça lui donne l'impression qu'il a raison d'agir ainsi à mon endroit. »

- Sue Montgomery, mairesse de l'arrondissement de Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce

En mars dernier, Robert Michael Edgar a été reconnu coupable d'avoir enfreint ses conditions qui lui interdisaient de communiquer directement ou indirectement avec Mme Montgomery. Il devrait recevoir sa peine le 27 juin.

La mairesse Plante « extrêmement troublée »

De nombreuses voix se sont élevées depuis jeudi pour appuyer Mme Montgomery, notamment au conseil municipal. La mairesse de Montréal, Valérie Plante, a d'ailleurs fait une sortie remarquée sur les réseaux sociaux pour appuyer sa collègue et exprimer sa déception à propos de l'acquittement de M. Edgar.

« Je suis extrêmement troublée par ce jugement, qui me laisse un goût amer dans la bouche à l'idée que, pour être une "vraie victime", on doive se comporter d'une certaine manière. Le courage d'une personne devrait être salué. Je salue celui de ma collègue Sue Montgomery », a écrit Mme Plante sur Facebook.

À défaut d'obtenir un jugement en sa faveur pour que cesse cette histoire qui lui gâche l'existence depuis près de deux décennies, Sue Montgomery n'exclut pas de s'adresser aux politiciens fédéraux pour que ceux-ci procèdent à des modifications législatives.

« Mais je préfère aller en appel. J'irai en Cour suprême s'il le faut, affirme-t-elle. Beaucoup de choses ont changé, pour le mieux, pour les victimes d'agressions sexuelles. J'espère que des choses changeront aussi pour les victimes de harcèlement criminel. »




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