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Nouveau campus MIL de l'Université de Montréal: une fenêtre sur la ville

Le nouveau campus MIL de l'Université de Montréal,... (PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE)

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Le nouveau campus MIL de l'Université de Montréal, un projet de 350 millions, accueillera 2000 étudiants dans trois mois.

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Un bâtiment de 60 000 mètres carrés. Une promenade géante entre Outremont, Parc Extension et Mont-Royal. Un jardin intérieur inspiré de la montagne. Des laboratoires de pointe... Le nouveau campus MIL de l'Université de Montréal accueillera 2000 étudiants dans trois mois. Coup d'oeil sur ce projet de 350 millions qui retisse la ville.

ADN

« C'est un projet de ville, de communauté. Pas juste un projet universitaire », soutient l'architecte Jean-Pierre LeTourneux de la firme MSDL, qui a conçu le nouveau bâtiment érigé sur l'ancienne gare de triage d'Outremont, en consortium avec les bureaux Lemay et NFOE. « L'idée, c'est de créer des ponts avec les quartiers environnants et de faire rayonner l'université dans la ville. » Avant toute chose, les concepteurs ont cherché à définir l'ADN de l'Université de Montréal établie sur le flanc nord du mont Royal, dans le quartier Côte-des-Neiges, depuis 1930. Quelle était son identité ? Fallait-il opter pour un recouvrement de briques jaunes, l'une des particularités du pavillon principal de l'établissement, conçu par Ernest Cormier ? « On s'est dit que c'était trop artificiel, dit M. LeTourneux. L'important, c'était la montagne. On a donc décidé de prendre un morceau du mont Royal et de venir le loger quelque part dans le projet. »

10 %

Ce « morceau », c'est un jardin intérieur dans lequel ont été plantées des essences d'arbres de la montagne. Il est implanté au coeur du campus MIL et entouré par la bibliothèque. « Le personnel va déménager ici uniquement les livres qui ont été empruntés au moins une fois depuis 10 ans », précise Alain Boilard, directeur au développement du campus. Cela représente 10 % des collections imprimées. Les autres documents seront numériques.

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Le nouveau campus MIL de l'Université de Montréal

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DILEMME

La première phase du projet comprend deux bâtiments reliés par cette bibliothèque, en partie souterraine. D'un côté, le pavillon d'accueil, que fréquente l'ensemble de la communauté universitaire. De l'autre, le Complexe des sciences, qui accueillera, dès le 3 septembre, les étudiants des départements de chimie, de physique, de géographie et de sciences biologiques, en plus de 400 professeurs et membres du personnel. L'université compte construire deux autres pavillons au cours des prochaines années, pour abriter les départements de mathématiques et d'informatique de sa faculté des arts et des sciences (FAS). « Au départ, rappelle M. LeTourneux, l'université voulait qu'on fasse deux bâtiments. Mais la FAS en voulait un seul. » Comment résoudre ce dilemme ? « On a décidé de se servir de la bibliothèque pour faire le lien entre les deux », explique l'architecte. Cette bibliothèque se trouve sous une promenade aménagée au centre des deux pavillons. Au nord, la promenade débouche sur une passerelle qui mène à l'avenue Beaumont, au coin du boulevard de l'Acadie, en passant par-dessus les voies ferrées du Canadien Pacifique (CP). Direction : métro Acadie.

UNE CASSURE

En 2016, le CP a déplacé des rails vers le nord pour désenclaver le site, acquis par l'Université de Montréal en 2006. « Le CP exige que la passerelle soit à une certaine hauteur des voies ferrées et qu'elle soit protégée par des murets de huit pieds », précise Catherine Bélanger, architecte chez MSDL, responsable de ce projet depuis cinq ans. « Ce qui est vraiment génial, c'est que la gare de triage était une brèche dans la ville, une cassure entre tous les quartiers. Là, on reconnecte. »

BLEU

La promenade longe la ligne bleue du métro, qui passe sous le site, de la station Outremont à la station Acadie. Des pavés bleus insérés dans le dallage sont là pour le rappeler. « Le bleu est aussi la couleur de l'Université de Montréal », fait remarquer Catherine Bélanger.

À l'ouest, le pavillon d'accueil abrite des salles de classe et quatre amphithéâtres construits les uns au-dessus des autres sur cinq étages. Des panneaux absorbants recouvrent des murs pour limiter l'écho et la réverbération. « Il y a beaucoup de verre, et le verre, ça réfléchit, indique M. LeTourneux. Il faut compenser avec des matériaux absorbants. »

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Des pavés bleus insérés dans le dallage rappellent la promenade qui longe la ligne bleue du métro, qui passe sous le site, de la station Outremont à la station Acadie.

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À l'est, le Complexe des sciences héberge quatre des 25 départements de la FAS, en plus de quelques animaux de laboratoire : poissons, souris, grenouilles...

Les salles de classe, les espaces de travail communs et les nombreux laboratoires du Complexe des sciences sont disposés de chaque côté d'un atrium géant dans lequel on trouve des gradins, des espaces pour échanger et des cafés étudiants dans d'anciens conteneurs, histoire de rappeler le passé industriel du lieu.

Les lignes blanches sur le mur-rideau des bâtiments ont aussi été inspirées par l'ancienne vocation du site : les rails.

SALLE MÉCANIQUE

« C'est un petit bijou qui va nous permettre d'aller chercher des professeurs de haut niveau, assure le directeur Alain Boilard. Tout le monde cherche l'excellence. Nous aussi. On s'est installés correctement pour faire la recherche d'aujourd'hui. C'est le nec plus ultra. » Mais pour assurer le fonctionnement de tous ces laboratoires, ça prend une énorme salle mécanique. « Le campus, c'est comme un corps humain dont l'organe principal est la salle mécanique », illustre M. Boilard. Tuyaux, conduits, prises d'air et génératrices sont installés au dernier étage du bâtiment, qui vise le niveau de certification LEED or. « Un beau défi pour un complexe de sciences où l'on consomme énormément d'énergie », admet Catherine Bélanger.

THÉRÈSE LAVOIE-ROUX

Du côté Outremont, le campus est bordé par une nouvelle avenue baptisée Thérèse-Lavoie-Roux, qui s'étire de l'avenue McEachran à la rue Durocher. Et bientôt jusqu'à l'avenue du Parc. En face, la Ville, qui a racheté une partie du terrain à l'université, a aménagé une place publique, munie de bancs, de supports à vélos et d'une fontaine de bruine. Elle compte aménager un très grand parc sur le terrain voisin et en conserver une partie pour de la promotion immobilière. « Des rues d'Outremont seront reliées à Thérèse-Lavoie-Roux ou offriront des percées visuelles sur le campus », dit Catherine Bélanger. En plus des installations d'enseignement et de recherche, le secteur comprendra 1300 logements, dont 15 % abordables et 15 % sociaux et communautaires. Les grues sont déjà à l'oeuvre aux abords du site, du côté sud. À Parc Extension, où le prix des maisons et des loyers monte en flèche, la construction connaît aussi un boom. « Ce projet va revaloriser le secteur, croit Jean-Pierre LeTourneux. Ça va s'embourgeoiser. C'est déjà commencé. »

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En chiffres

240 000 : Nombre de mètres carrés détenus par l'Université de Montréal sur l'ancienne gare de triage d'Outremont, dont 60 000 ont été exploités

10 : Nombre d'années de planification et de consultations publiques avant la première pelletée de terre, en septembre 2016

2400 : Nombre d'employés et d'étudiants qui fréquenteront le campus MIL dès le 3 septembre

348 260 000 $ : Budget de construction de la première phase du campus. Le financement provient de Québec, d'Ottawa et de dons philanthropiques

330 : Nombre de places dans la nouvelle bibliothèque, qui servira de lieu d'étude, de lecture, de rencontres, d'apprentissage et de création

100 : Nombre de places de stationnement destinées au pavillon d'accueil et au Complexe des sciences. Le règlement d'urbanisme en permet 400 pour le campus MIL, appelé à se développer pendant encore 20 ans.




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