L'hôtel de ville et le palais de justice de Montréal sont privés d'électricité et alimentés par une génératrice après l'affaissement d'une partie de la chaussée survenu samedi matin, à l'entrée sud du quartier chinois, dans l'arrondissement de Ville-Marie.

Mis à jour le 7 avr. 2019
AUDREY RUEL-MANSEAU LA PRESSE

Des travaux d'urgence sont en cours et le boulevard Saint-Laurent est fermé à toute circulation pour une durée indéterminée entre l'avenue Viger et la rue De La Gauchetière.

Bien que relativement petite en surface, la doline a englouti un feu de circulation presque en entier et une partie du trottoir au nord-est de l'intersection du boulevard Saint-Laurent et de l'avenue Viger. L'affaissement a été causé par les travaux d'excavation du projet de condominiums d'un entrepreneur privé.

« L'entrepreneur a excavé dans le cadre du chantier, et samedi matin, une des parties du mur de soutènement s'est rompue. Ça a créé un glissement de sol dans le chantier et ça a été suffisant pour créer un vide sous le trottoir, du côté est », a expliqué Philippe Sabourin, relationniste à la Ville de Montréal.

Personne n'a été blessé et les dommages matériels sont somme toute mineurs, vu les circonstances. La structure de la fondation de la rue n'est pas compromise, a indiqué le relationniste, mais par mesure préventive, toute circulation est interdite dans le secteur jusqu'à nouvel ordre.

L'affaissement a toutefois mis à risque le réseau souterrain d'Hydro-Québec.

« Sous la chaussée, Hydro-Québec a une chambre souterraine dans laquelle il y a des câbles souterrains. [...] L'affaissement de la chaussée risquait d'affaisser une des parois de la chambre », a expliqué Jean-Philippe Rousseau, porte-parole d'Hydro-Québec.

Cette partie du réseau a donc été mise hors tension, privant d'électricité, dimanche, les trois clients branchés directement sur la boîte de moyenne tension : l'hôtel de ville de Montréal, le palais de justice et La Presse. Hydro-Québec a procédé à l'installation d'une génératrice tard dimanche soir pour que les établissements soient fonctionnels pendant la durée des réparations.

Selon M. Sabourin, l'entrepreneur offre une pleine collaboration. « Il fait les réparations le plus rapidement possible. C'est lui qui est responsable des dommages », a précisé le relationniste de la Ville.

L'affaissement s'est produit tout près du pied de l'arche de l'entrée sud du quartier chinois, mais celle-ci n'a pas été endommagée. L'an dernier, environ 1,5 million de dollars ont été investis par la Ville pour la restauration des arches et de la pagode. Les commerces avoisinants demeurent ouverts, même si l'accès en voiture s'annonce plus complexe.

« Nous n'avons présentement aucune idée de la durée de la fermeture de la rue. Mais considérant l'ampleur du chantier, il y a lieu de croire que ça pourrait prendre un certain moment », a dit M. Sabourin, incapable de s'avancer sur un échéancier plus précis.

En 2012, une portion de la rue Sherbrooke s'était affaissée à Montréal, laissant un trou béant de 13 mètres carrés à l'intersection de la rue Victoria. En 2013, au coin des rues Sainte-Catherine et Guy, la chaussée s'était affaissée sous le poids d'une rétrocaveuse qui s'était retrouvée dans un trou de 12 pieds de profondeur. En 2016, un autre affaissement avait forcé la fermeture de l'avenue Laval, devant le carré Saint-Louis. En 2017, c'est dans une ruelle en face du centre Bell que l'asphalte s'était enfoncé dans le sol.