Pouvoir de donner des contraventions, territoire couvert élargi, davantage d'inspecteurs. Estimant que sa nouvelle Escouade mobilité a fait ses preuves, Montréal renforce son équipe dédiée à améliorer la circulation.

Mis à jour le 25 mars 2019
PIERRE-ANDRÉ NORMANDIN LA PRESSE

L'administration Plante a présenté ce matin un bilan de la première année de l'Escouade mobilité, équipe de six inspecteurs créée l'an dernier pour améliorer la fluidité de la circulation au centre-ville. « Ça marche dans nos rues », a assuré Éric Alan Caldwell, élu responsable des transports.

Après 4600 interventions, la métropole s'est dite satisfaite, mais juge opportun d'élargir le mandat de son équipe. « Nos inspecteurs auront des pouvoirs accrus. Ils ont démontré leur utilité, mais on veut améliorer la force de frappe de notre Escouade mobilité », a dit Sylvain Ouellet, élu membre du comité exécutif.

Montréal confiera ainsi de nouveaux pouvoirs à ses inspecteurs, à savoir de donner eux-mêmes des constats d'infraction. Ceux-ci devaient jusqu'à présent faire appel à des préposés au stationnement, ce qui limitait leur efficacité. Ces pouvoirs sont jugés nécessaires parce que, si 95 % des interventions de l'Escouade se règlent sur-le-champ, certains récalcitrants font la vie dure aux inspecteurs.

Les inspecteurs à la mobilité pourront donner une amende aux véhicules ne respectant pas les zones de livraison, ceux se garant dans les voies réservées ou entravant les pistes cyclables. Ils pourront aussi donner des contraventions aux voitures faisant de l'interblocage, soit quand ils s'immobilisent à une intersection. Le but n'est pas de multiplier les contraventions, mais d'éviter que les petites entraves deviennent de gros problèmes, a assuré Driss Ezzaher, chef de division à la mobilité dans Ville-Marie, responsable de l'Escouade.

Plus d'arrondissements couverts

L'Escouade mobilité sera aussi appelée à élargir le territoire qu'elle couvre. Trois arrondissements s'ajouteront à son mandat, soit Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, Rosemont-La Petite-Patrie et Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce. Montréal souligne que l'augmentation du nombre de chantiers ne touche pas uniquement le centre-ville.

« Si c'est fluide uniquement au centre-ville, mais c'est difficile de s'y rendre, on a seulement réglé le problème à moitié », a souligné Sylvain Ouellet.

La métropole n'envisage pas étendre l'Escouade à toute l'île pour le moment, estimant que le problème de congestion n'est pas aussi aigu dans tous les secteurs.

Cet élargissement imposera d'augmenter les effectifs. Cinq inspecteurs viendront s'ajouter aux six en poste.

L'administration Plante a insisté sur l'importance du travail de son Escouade, celle-ci n'a pas le mandat de s'attaquer à la congestion régulière, mais aux petites entraves quotidiennes qui s'accumulent et accentuent le trafic. Son responsable, Driss Ezzaher, a donné l'exemple des camions de livraison se garant sur le boulevard Maisonneuve, ce qui crée des files d'attente qui peuvent s'étendre jusque sur le pont Jacques-Cartier.

Le nombre de chantiers au centre-ville a augmenté de moitié depuis cinq ans. De 20 000 en 2013, Ville-Marie a connu 30 000 chantiers l'an dernier. « Ça fragilise notre réseau et chaque imprévu devient plus problématique », a illustré Éric Alan Caldwell.

Montréal dit être en discussion avec le ministère des Transports pour étendre l'Escouade dans les secteurs adjacents des chantiers provinciaux de la métropole, comme l'échangeur Turcot.

L'opposition à l'hôtel de ville ne s'est pas dite convaincue par l'efficacité de cette équipe. « Est-ce qu'il y a un seul Montréalais qui croit que la congestion s'est améliorée à cause de l'Escouade mobilité ? », a ironisé Lionel Perez, chef d'Ensemble Montréal. Ce dernier y voit une simple opération de relations publiques n'ayant pas fait ses preuves.