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Pister les coyotes grâce à la neige

Marc-André Fortin, trappeur et président de GPF Gestion... (photo alain roberge, la presse)

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Marc-André Fortin, trappeur et président de GPF Gestion de la faune, sur les traces des coyotes

photo alain roberge, la presse

TRISTAN PÉLOQUIN
La Presse

La Ville de Montréal démarre une opération de pistage des coyotes dans l'est de Montréal, où le nombre de signalements a augmenté ces dernières semaines. Petite virée dans les bois avec un trappeur et un biologiste qui traquent ces demi-loups pour mieux comprendre leur comportement.

L'hiver est un des meilleurs moments pour pister les coyotes. Malgré 1307 signalements à Montréal depuis juin 2007, le biologiste Frédéric Bussière, conseiller en aménagement au Service des grands parcs, admet qu'il en a lui-même rarement vu de ses yeux. 

« Ce sont des animaux très peureux. Avec la neige, on peut suivre leurs traces beaucoup plus facilement et comprendre leurs habitudes. Ça ne veut pas dire qu'ils vont utiliser les mêmes sentiers l'été, mais ça nous facilite la tâche. Ça nous aide à trouver les points de passage de prédilection, comme les brèches dans les clôtures, qui font des sortes d'entonnoirs par où les coyotes convergent », explique-t-il. 

L'entreprise GPF Gestion de la faune, qui a le contrat de pistage des coyotes auprès de la Ville, a entamé hier une campagne d'observation autour de la carrière Lafarge, près des autoroutes 25 et 40, où une quinzaine de signalements ont été faits depuis le début janvier. 

Une fois ces points de convergence trouvés, Frédéric Bussière et le trappeur Marc-André Fortin, président de GPF Gestion de la faune, installent des caméras à détecteur de mouvement infrarouge qui photographient automatiquement les bêtes. Certains de ces appareils sont munis d'antennes qui transmettent directement la photo sur téléphone cellulaire. 

Les images aident les responsables à trouver des signes distinctifs aux coyotes. « Ça nous aide notamment à savoir si un individu est atteint de la gale sarcoptique », explique M. Bussière. Cette affection parasitaire fait perdre leurs poils aux coyotes. « Ils deviennent alors plus vulnérables au froid, perdent de l'énergie et cherchent à se rapprocher des habitats humains, où ils ont accès à de meilleurs abris et à de la nourriture. »

« On tombe alors dans un cercle d'habituation à l'humain, qui mène à des comportements perçus comme agressifs et problématiques. »

- Le biologiste Frédéric Bussière

Sept caméras ont été installées au parc Frédéric-Back, dans l'arrondissement de Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension, la semaine dernière, et une autre a été posée hier sur un arbre près de la carrière Lafarge. 

Quand le beau temps reviendra, Marc-André Fortin et son équipe captureront quatre coyotes grâce à des pièges à patte en caoutchouc, et ils leur poseront des colliers GPS. Ces dispositifs, qui se détachent automatiquement après deux ans, transmettront la position précise des coyotes quatre fois par jour. « Le mardi, l'émetteur se met en mode VHF, ce qui nous permet de suivre les coyotes en temps réel pendant 24 heures grâce à des antennes », explique M. Fortin. 

La procédure, délicate, a déjà été approuvée par le ministère de la Forêt, de la Faune et des Parcs. « On a récemment dû récapituler les techniques. Il y a tout un protocole à respecter, parce que l'installation se fait sans anesthésie. On contrôle l'animal avec des points de contention, il faut surveiller sa température en tout temps et lui cacher les yeux pour le garder calme. On s'est exercés sur un de mes chiens, qui a à peu près la taille d'un coyote. On est prêts », assure le trappeur. 

Éventuellement, la Ville aimerait aussi poser des étiquettes de couleur distinctes à certains coyotes, ce qui permettrait de reconnaître plus facilement les individus problématiques lorsque les citoyens les signalent.

Un coyote photographié par l'une des sept caméras... (Photo fournie par la Ville de Montréal) - image 2.0

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Un coyote photographié par l'une des sept caméras à détection de mouvement infrarouge installées au parc Frédéric-Back, dans l'arrondissement de Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension

Photo fournie par la Ville de Montréal

Morsures en baisse

Le petit boisé et la clairière où l'équipe a posé la caméra hier sont fréquentés par plusieurs animaux. Les coyotes y trouvent une abondance de campagnols, dont ils se nourrissent. « Les signalements de citoyens surviennent surtout le soir ou la nuit, ce qui est assez normal et peu inquiétant. Mais il suffirait qu'un citoyen les nourrisse pour qu'ils changent de comportement, s'habituent aux humains et cessent d'en avoir peur, ce qui peut être perçu comme un comportement agressif », souligne M. Bussière. 

Un coyote jugé problématique, qui était atteint de la gale sarcoptique, a été capturé dans un parc d'Ahuntsic en mai dernier. Il a été euthanasié. Au moins un autre coyote a été abattu par arme à feu par un policier du SPVM qui jugeait que la sécurité des citoyens était en danger. 

La Ville de Montréal préconise une approche de cohabitation puisque les tentatives d'éradication provoqueraient, selon les scientifiques, une recrudescence des naissances en déstabilisant l'ordre hiérarchique de la meute.

Faune abondante

Lors de notre passage dans le secteur de la carrière Lafarge, des indices laissaient croire qu'un épervier de Cooper venait d'y dévorer un rongeur alors qu'il était perché sur une branche tout près de pistes de coyotes. Des traces de renard y sont aussi souvent vues. Le trappeur Marc-André Fortin connaît bien la faune sauvage urbaine qui peuple ces grands parcs. 

En collaboration avec le Biodôme, il a récemment participé à la capture et à la stérilisation d'un couple de castors, qui a depuis été remis en liberté. Il participe aussi régulièrement au contrôle des goélands dans différents sites d'enfouissement de la région métropolitaine avec l'un de ses 25 oiseaux de proie apprivoisés, dont des faucons et des buses.

Pour signaler la présence d'un coyote à Montréal : 438 872-COYO (2696) 

***

19: Nombre de personnes qui ont été mordues par un coyote à Montréal depuis juin 2017, en plus d'une vingtaine d'animaux. Aucun cas n'a été rapporté depuis juillet 2018. 




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