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Fendre la neige à vélo

Antoine Desrochers Grondin est un livreur pour deux... (PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE)

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Antoine Desrochers Grondin est un livreur pour deux enseignes différentes de la métropole.

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ISABELLE GRIGNON-FRANCKE
La Presse

Les quelque 40 cm de neige tombés sur la métropole ont forcé les autobus scolaires à faire relâche et certains automobilistes à laisser stationnés leurs véhicules, mercredi, mais la tempête n'a pas entamé le moral des livreurs cyclistes.

«C'est comme rouler sur des patates pilées», se réjouit Antoine Desrochers Grondin, livreur pour deux enseignes différentes de la métropole. «Ça fait partie du trip», ajoute-t-il avec confiance. Il devait passer environ quatre heures mercredi soir à livrer des repas aux habitants de l'île. «À vélo, c'est pas mal moins pire qu'en voiture», renchérit Étienne Trudeau, livreur à vélo depuis plus de deux ans.

L'anticipation de leur soirée de travail ne semble pas refroidir les livreurs, mais la matinée a tout de même eu raison de l'un d'eux. «Moi, j'ai pris congé ce matin», reconnaît Bruno Lapierre-Harvey. «Avant, je travaillais juste de soir et je ne prenais jamais congé... mais là, ce matin, c'était plus difficile», précise-t-il.

Après le déneigement en continu qui s'est effectué sur les routes toute la journée, les conditions s'annonçaient moins pénibles mercredi soir. «C'est une belle neige aujourd'hui ! Notre pire ennemi, c'est la glace et la pluie», confie Joffrey Fuzet, directeur général de LVM Livraison. «C'est plus une aventure, et si tu tombes, tu tombes dans la neige, ça fait pas mal !», ajoute Laurence Gaudreau, qui a été livreuse cycliste pendant trois ans pour plusieurs entreprises.

Salaire comparable

De nombreux livreurs sont payés à la pièce. Leur salaire dépend donc énormément du nombre de livraisons qu'ils effectuent. «Personne ne veut sortir, personne ne veut travailler, mais pour la livraison de bouffe, c'est plus payant», affirme Laurence.

Lors des soirées hivernales, la demande semble profiter à ceux qui ne peuvent se permettre une journée de congé. «L'été, il fait beau, tu as envie de travailler, mais ça peut prendre plusieurs minutes entre tes livraisons ; en hiver, comme ça, tu n'attends pas», affirme Antoine. « Ça arrive qu'on se fasse offrir des bonifications ; par exemple, aujourd'hui, Foodora booste chaque livraison de 2 $», dit Antoine, qui l'a appris dans un courriel de l'entreprise.

La rémunération haussée proposée par les entreprises de livraison compense les pertes causées par la lenteur des déplacements. «Ça équilibre, mais on ne gagne pas vraiment plus», affirme-t-il. «On ne peut pas compter sur le fait que les gens donnent plus de pourboire quand il fait -35», assure Ronny Perez-Jaramillo, en poste sur son vélo depuis plus d'un an et demi.

Précautions supplémentaires

Sur deux ou quatre roues, une conduite hivernale doit toujours être adaptée. «On prend les grandes artères, on reste au milieu des voies, on va moins vite», énumère Antoine. «Il faut bien s'habiller. Le froid, c'est plus dangereux que la neige», précise Ronny.

Avec des corridors de circulation rétrécis, le partage de la route ne se fait pas sans une certaine animosité. «Le problème, c'est surtout les automobilistes qui se fâchent, mais qui vont à la même vitesse que nous , note Étienne.

Solidarité

Les tempêtes sont aussi des moments de petites crises qui solidarisent les livreurs en leur fournissant le prétexte parfait pour se saluer. «Habituellement, c'est très solitaire, mais là on se regarde et on se dit qu'on est ensemble là-dedans», souligne Antoine, qui apprécie le regain d'humanité des jours de neige.

Alors que les livreurs filent dans les rues pendant quelques heures, par blocs d'environ quatre heures, il faut souligner le défi encore plus grand qui s'impose au messager à vélo. «Les vrais warriors, durant les tempêtes, ce sont les messagers à vélo qui livrent des colis et des lettres. Ils travaillent des huit heures straight, qu'il fasse beau ou non !», affirme Étienne, qui attribue tout le mérite à ses collègues de la route.




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