Dix-sept mois après l’incident des punaises de lit à la Grande Bibliothèque, l’établissement a procédé mardi à l’installation de 60 nouveaux fauteuils antiparasitaires.

Suzanne Colpron Suzanne Colpron
La Presse

D’autres seront déployés au cours des prochaines semaines pour un total de 380 nouveaux fauteuils d’ici au 28 janvier 2020. Ceux-ci sont de couleur grise, turquoise, orange ou framboise, mais ils ont surtout la qualité de repousser les bestioles indésirables.

La décision de remplacer ces sièges a été prise à l’automne 2018, quelques semaines après la crise des punaises de lit qui a forcé Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) à fermer plusieurs sections de son édifice à titre préventif. Les fauteuils infestés ont été mis au rancart en attendant qu’une décision soit prise quant à leur remplacement.

« Les nouveaux fauteuils ont été choisis en fonction de trois critères, explique Martin Dubois, directeur général de la Grande Bibliothèque : l’ergonomie, la résistance et la facilité d’entretien. Ils n’ont ni cavité ni coussin. Les housses sont amovibles et le tissu a reçu un traitement antiparasitaire. »

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

Les nouveaux fauteuils antiparasitaires sont de couleur grise, turquoise, orange ou framboise, mais ils ont surtout la qualité de repousser les bestioles indésirables.

Vaste espace public de 33 000 mètres carrés sur six niveaux, en plein centre-ville, la Grande Bibliothèque reçoit 7000 visiteurs par jour, et autour de 2,2 millions par année. L’incident des punaises de lit survenu l’an dernier n’était pas le premier et ne sera sans doute pas le dernier. Mais BAnQ a mis en place une série de mesures pour éviter des problèmes de vermine à l’avenir.

Des rondes hebdomadaires d’inspection sont faites par une firme de gestion parasitaire, et les 2000 chaises et fauteuils rembourrés sont traités à la vapeur par les services d’entretien ménager, de façon préventive, une fois par mois.

Les punaises de lit ne sautent pas et ne volent pas. Elles sortent de leur cachette entre 3 h et 6 h du matin et se nourrissent de sang lorsque les personnes dorment.

« C’est certain que le risque zéro n’existe pas dans un lieu public, mais la situation actuelle est sous contrôle », assure Martin Dubois.

Un livre comme cachette

À Montréal, le taux de logements infestés par des punaises de lit oscille entre 2 % et 3 % depuis 2010, ce qui représente 17 700 ménages dans l’île, selon la Direction de santé publique de Montréal (DRSP).

Cela ne veut pas dire que les logements infestés contiennent tous de nombreux insectes. Cela peut aller d’un seul parasite jusqu’à des milliers de punaises de lit, précise Mélanie Tailhandier, hygiéniste de l’environnement à la DRSP.

Les bestioles peuvent se cacher dans les vêtements, les sacs ou même dans un livre rapporté à la bibliothèque après avoir été emprunté.

« Par malchance, une punaise peut décider que le livre posé sur une table de nuit va être son lieu de cachette », dit Mme Tailhandier.

« On ne peut jamais savoir qui a apporté une punaise dans un endroit. Et on ne pourra jamais empêcher à 100 % qu’une punaise puisse entrer à la Grande Bibliothèque. Mais il faut minimiser les cachettes, ajoute-t-elle. Ce qui est recommandé, c’est de faire de la surveillance, un suivi des interventions et de la prévention. »