Des commerçants du marché Jean-Talon demandent aux tribunaux de forcer la Corporation des marchés publics à maintenir ou à renouveler leurs baux jusqu’à ce que la cour se prononce sur le fond des choses.

Marie-Eve Morasse Marie-Eve Morasse
La Presse

Les cinq commerçants affirment que la Corporation « cherche à se débarrasser de plusieurs de ses membres » et s’adressent à la cour pour pouvoir continuer à vendre leurs produits.

Les marchands cités dans le recours judiciaire sont les frères Bruno et Lino Birri, Antonino Bono, François Chenail, Alain Roy et Frédérique Roy Trempe ainsi que Lucille Giroux.

« J’ai l’impression qu’on cherche des prétextes pour expulser chacune des personnes qu’on ne veut plus avoir. Je ne connais pas c’est quoi le but en arrière de ça. Pourquoi on se prive de baux de personnes qui sont là depuis longtemps ? », demande Me Jean Lozeau, l’avocat qui représente ces cinq commerçants.

La Presse rapportait jeudi qu’au marché Jean-Talon, 16 des 54 espaces du mail hivernal sont libres. Une situation qui n’est pas étrangère au grand ménage entrepris à la suite du rapport du contrôleur général de la métropole. Déposé à la fin 2018, il faisait état de nombreuses irrégularités dans les marchés publics de la ville, notamment Jean-Talon, Atwater, Maisonneuve et Lachine.

Élu en octobre, le nouveau conseil d’administration de la Corporation des marchés publics est à revoir chaque bail d’hiver afin de s’assurer qu’il est aux normes.

Les commerçants qui se tournent devant les tribunaux demandent quant à eux le statu quo d’ici à ce qu’un juge se prononce sur « toute l’histoire ».

« Quel est le préjudice que la corporation va subir si mon client qui est là depuis 40 ans reste là cet hiver ? Ils vont juste avoir un revenu de plus s’ils restent », dit l’avocat qui les représente, Me Jean Lozeau.

Le président du conseil d’administration de la Corporation n’a pas souhaité commenter ce recours devant les tribunaux.