Bon an mal an, les refuges pour animaux débordent avant et pendant la période des déménagements. Cette année ne fait pas exception.

Publié le 30 juin 2019
Janie Gosselin
Janie Gosselin La Presse

La SPCA de Montréal estime qu’il est difficile d’évaluer s’il y a davantage d’animaux abandonnés en 2019 avec la rareté des logements que connaît la métropole. Les contrats de l’organisme avec les arrondissements varient selon les années.

Reste que le refus des propriétaires de nombreux appartements d’accepter les animaux domestiques demeure problématique, dénonce la SPCA.

« Il y a seulement 4,2 ou 4,3 % des logements au Québec qui acceptent les chiens », déplore Élise Desaulniers, directrice générale de la SPCA de Montréal. Les statistiques sont tirées d’un sondage présenté par la Corporation des propriétaires immobiliers du Québec en 2015. Si on inclut les propriétaires ayant répondu « ça dépend » à la question sur l’acceptation d’un chien, le nombre s’élève toutefois à près de 24 %, comme le précise la CORPIQ, qui accuse la SPCA de « jouer sur les chiffres », a dit son directeur des affaires publiques, Hans Brouillette.

La SPCA espère que la province suivra l’exemple de sa voisine. En Ontario, les baux ne peuvent pas interdire les animaux domestiques dans les logements locatifs. La SPCA a d’ailleurs déposé une pétition en 2015 à l’Assemblée nationale et continue de militer pour obtenir une loi semblable au Québec.

Marianne Therrien, l’une des administratrices du Centre d’adoption d’animaux de Laval, juge qu’il pourrait y avoir un compromis entre propriétaires et locataires. « Le propriétaire veut se protéger en mettant “pas d’animaux” dans le bail. Mais il pourrait y avoir un montant donné au propriétaire en gage, pour assurer les dégâts », avance-t-elle. L’organisme, aussi appelé Auberge Zen Refuge, s’occupe de chats et de chiens, et ses locaux sont remplis au maximum.

Mauvaise combinaison

L’un des problèmes auxquels font face les refuges pour animaux, c’est que la saison où le plus d’animaux de compagnie sont disponibles est aussi celle où les gens sont moins susceptibles de vouloir un nouvel animal, disent-ils.

Ce n’est pas une combinaison très gagnante, l’abandon et la période des vacances. Les gens partent, ils ne sont pas intéressés à accueillir un animal.

Mireille Dessureault, bénévole au Réseau Secours Animal

L’organisme compte environ 80 chats en ce moment. Comme le refuge s’oppose à l’euthanasie, certains félins restent longtemps dans ses locaux, surtout s’ils ont des besoins particuliers.

Les refuges s’efforcent tout de même de faire adopter les bêtes, avec des publications sur le web et des journées d’adoption, notamment. La SPCA a tenu une journée d’adoption sans frais la semaine dernière. Pendant tout le mois de juillet, les animaux qui sont des « cas humanitaires » – parce qu’ils nécessitent des médicaments ou des soins particuliers – pourront être adoptés gratuitement. « L’idée est d’inciter les gens qui cherchent un chaton cute à envisager autre chose », indique Mme Desaulniers.

Les contrats avec les arrondissements obligent la SPCA à accepter tous les animaux qu’on lui confie. Or, si elle a recours à des refuges partenaires et à des familles d’accueil, elle essaie de ne pas dépasser un taux d’occupation de 70 % de l’espace, pour pouvoir secourir des animaux s’il y a une saisie et pour éviter les risques de biosécurité. « On ne veut pas euthanasier faute d’espace », dit Mme Desaulniers.