Fleurir les balcons montréalais, les ruelles vertes et les platebandes publiques avec des fleurs dont raffolent les abeilles devrait être au cœur des préoccupations de la Ville de Montréal, estime l’opposition officielle à l’hôtel de ville.

Kathleen Lévesque Kathleen Lévesque
La Presse

Ainsi, l’équipe politique du parti Ensemble Montréal présentera lundi prochain, lors de l’assemblée du conseil municipal, une motion pour que la Ville se dote d’une stratégie de protection des insectes pollinisateurs. Trois ans après avoir interdit l’utilisation de pesticides nuisibles aux abeilles, la Ville de Montréal doit maintenant franchir la prochaine étape, soutient-on.

La stratégie proposée vise notamment à ce que la Ville, qui plante déjà beaucoup de fleurs, privilégie des plantes mellifères. Ce type de plantes produit du nectar que les abeilles transforment en miel. Lorsque la Ville distribue gratuitement des plantes aux citoyens, les plantes mellifères devraient être favorisées, soutient l’opposition.

« Protéger les abeilles n’est pas synonyme d’avoir une ruche domestique. Les protéger passe par la diversité des plantes que nous leur offrons ; il faut donc éviter les monocultures », estime le conseiller municipal Francesco Miele, d’Ensemble Montréal.

Inventaire des ruches

Il est également proposé que Montréal s’engage à « réglementer et contrôler le nombre de ruches présentes sur son territoire ». La première étape de cet encadrement est de faire l’inventaire des ruches à Montréal. On en compterait environ 700, mais ce pourrait être le double, croit M. Miele. Depuis deux ans, le nombre de ruches urbaines a augmenté de 1200 %, souligne-t-il.

L’opposition officielle souhaite que la protection des pollinisateurs fasse partie intégrante des programmes de verdissement de Montréal (toits végétalisés et jardins communautaires, par exemple) et que la population soit sensibilisée à l’importance des pollinisateurs. Chaque année, la Ville devrait faire un suivi des actions menées.

La motion fait également état de la position du ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques du Québec, selon qui « les pollinisateurs sont un maillon indispensable dans la reproduction des espèces végétales, car ils contribuent à la préservation de la biodiversité et à la productivité des cultures » et « ils sont responsables de la pollinisation de près de 70 % des plantes cultivées ».

Les pollinisateurs sont toutefois en danger, rappelle l’opposition officielle en s’appuyant sur un rapport de l’Organisation des Nations unies (ONU) publié en 2019. Il faut « protéger ces alliés indispensables dans la lutte contre la faim et la malnutrition », relate-t-on. Le « taux d’extinction actuel des espèces est 100 à 1000 fois plus élevé que la normale », estime l’ONU.

À Montréal, il y aurait au moins 174 espèces d’abeilles. Contrairement aux abeilles domestiques, elles sont sélectives, de là l’importance de planter une grande variété de végétaux.

Par ailleurs, l’opposition officielle veut que Montréal devienne l’amie des abeilles (Bee City Canada) d’ici l’année prochaine.

La Ville de Toronto a adopté une stratégie de protection des pollinisateurs l’année dernière.