Une enquête criminelle de plusieurs mois concernant des signalements pour exhibitionnisme autour du Pensionnat du Saint-Nom-de-Marie s’est conclue récemment par l’arrestation d’un professeur d’université accusé d’avoir effrayé plusieurs élèves alors qu’elles marchaient dans les rues autour de l’établissement d’Outremont.

Vincent Larouche Vincent Larouche
La Presse

Les enquêteurs du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) étaient sur l’affaire depuis la fin du mois d’août. Plusieurs témoignages relataient qu’un homme circulant en vélo exhibait ses organes génitaux devant les adolescentes dans les rues d’Outremont et de Mont-Royal. Des élèves du pensionnat pour filles étaient tombées face à face avec lui sur le chemin de l’école.

« C’est important de le dire, il ne les touchait pas, il ne leur parlait pas, il n’y avait aucun contact. Mais ce sont des actes criminels. Surtout que ce sont des jeunes filles qui sont impliquées ! Alors rapidement, nous avons mis en place des moyens importants pour localiser et identifier le suspect, mais aussi assurer la protection des gens dans le secteur », a expliqué en entrevue l’inspecteur Sébastien De Montigny, du poste de quartier 26.

Les signalements reçus faisaient état d’évènements remontant aussi loin qu’à mai 2018. L’affaire inquiétait certains parents et élèves. La direction du pensionnat avait diffusé une mise en garde.

« Nous voulions que les parents et les élèves soient vigilants. Nous avons collaboré avec la police et eux corroboraient ces évènements-là dans le secteur », explique le directeur général du Pensionnat du Saint-Nom-de-Marie, Yves Petit.

Un suspect a finalement été identifié et arrêté le 16 mai dernier.

Remis en liberté

Benoit St-Onge, professeur de géographie à l’UQAM, a comparu le lendemain au palais de justice de Montréal. Il fait face à un chef d’accusation d’action indécente et à deux chefs d’accusation d’exhibitionnisme devant des filles âgées de 12 ans. Il a plaidé non coupable et aucune des allégations contre lui n’a été prouvée à ce stade. Joint par La Presse, il a dit préférer garder ses explications pour sa défense devant le tribunal.

Le professeur a été remis en liberté sous de sévères conditions : il lui est notamment interdit de s’approcher du pensionnat ainsi que de toute école primaire ou secondaire. Il n’a pas le droit de se trouver en présence de personnes de moins de 16 ans.

L’UQAM a dit prendre l’affaire très au sérieux. « La direction est mobilisée et est extrêmement préoccupée. Le professeur a été convoqué et sera rencontré demain », a expliqué hier la porte-parole de l’université, Jenny Desrochers.

La confidentialité des dossiers d’employés empêchera l’établissement de communiquer publiquement les mesures qui pourraient être prises. « L’UQAM va agir dans les paramètres et les lois qui sont à sa portée dans de tels cas. Mais ce qui nous gouverne, c’est d’assurer que l’université soit un lieu sain et sécuritaire pour toutes les personnes qui la fréquentent », a dit la porte-parole.

La direction du Pensionnat du Saint-Nom-de-Marie et le SPVM invitent toute personne qui aurait été témoin d’actes liés à cette affaire à se manifester auprès du poste de quartier 26.

« C’est quelque chose de préoccupant dans notre communauté et si jamais il y a d’autres jeunes filles qui ne l’avaient pas dénoncé à l’époque, elles peuvent prendre contact avec nous. C’est hyper important pour nous d’ouvrir cette porte-là », affirme l’inspecteur De Montigny.