Trois ans après la recommandation de la vérificatrice générale de Laval de faire preuve de transparence dans la gestion de l’excédent accumulé ainsi que de la dette à long terme, l’administration du maire Marc Demers vient d’adopter deux politiques de gestion concernant ces enjeux.

Kathleen Lévesque Kathleen Lévesque
La Presse

Les deux politiques seront soumises pour adoption au conseil municipal de mardi prochain. Le contenu exact de ces politiques n’est toutefois pas disponible. Seuls les objectifs de chacune ont été expliqués dans un communiqué de presse.

Ainsi, la politique de gestion de la tirelire lavalloise (réserves financières, fonds réservés et excédent accumulé) vise notamment à «assurer la stabilité financière de la Ville» et «éviter de réduire abruptement le niveau de service offert aux citoyens». Quant à la politique de gestion de la dette à long terme, il s’agit de «respecter la capacité de payer des citoyens».

Or, la Ville de Laval a entre les mains une marge de manœuvre très importante de 555,2 millions, comme La Presse en a rendu compte mardi. La situation, vertement critiquée par la deuxième opposition à l’hôtel de ville qui y voit la démonstration d’un fardeau fiscal trop lourd pour les contribuables, a suscité de nombreuses réactions de la part des Lavallois. Le porte-parole de l’opposition, le conseiller municipal Michel Poissant, estime que la cagnotte doit être utilisée plus adéquatement. M. Poissant parle de surfacturation des contribuables.

Le demi-milliard engrangé au fil des ans à partir entre autres des revenus annuels qui ont été plus importants que les dépenses, démontre un excès de prudence selon l’opposition.

«Laval a effectivement une position enviable en matière financière. Oui, on a des fonds de côté pour pallier aux imprévus. Mais il ne faut pas niveler par le bas et dire que c’est une mauvaise chose», affirme à La Presse le vice-président du comité exécutif de Laval, Stéphane Boyer.

Les 555,2 millions de Laval représentent 62% des revenus de fonctionnement de Laval en 2018. Comparativement à d’autres villes de 100 000 habitants et plus, Laval accumule ainsi beaucoup de surplus. Le ratio excédent/revenus de fonctionnement est de 24,5% pour la Ville de Québec, et de 11,8% à Montréal.

Pour M. Boyer, «il est sage de planifier le financement de nos investissements futurs en recourant à l’utilisation de nos réserves financières et de pouvoir compter également sur des surplus disponibles lorsque vient le temps de financer des investissements imprévus».

C’est surtout la preuve d’un excès de prudence, croit pour sa part Michel Poissant qui réagira aux politiques annoncées lundi prochain. Le mois dernier, M. Poissant a déposé un avis de motion proposant de geler les taxes résidentielles pour les deux prochaines années, compte tenu de l’excédent accumulé ainsi que de la récupération de 42 millions provenant de la corruption et de la collusion (sous le règne de l’ex-maire Gilles Vaillancourt).

Les politiques qui seront présentées ne sont pas une réaction politique au débat soulevé par Michel Poissant, a dit M. Boyer. Cela s’inscrit plutôt dans la restructuration de la Ville démarrée depuis 2014, souligne-t-il avant d’expliquer que ces politiques viennent confirmer «sur papier, les bonnes pratiques qui existaient déjà». Il y a toutefois quelques bonifications, précise-t-il. C’est le cas par exemple, d’une reddition de comptes annuelle du solde des différentes réserves et du plafonnement de l’argent mis de côté dans certaines réserves.