Faisant écho au souhait de la ministre fédérale de l’emploi Patty Hajdu, l’Opposition officielle de Montréal souhaite que la Ville mette gratuitement à la disposition des utilisatrices des immeubles publics des produits d’hygiènes menstruelles.

Manon louvet
La Presse

Chantal Rossi, porte-parole de l’Opposition officielle en matière de culture affirme : « selon un sondage américain, 86 % des femmes ont déjà eu leurs règles de manière inattendue en lieu public où elles n’avaient pas de protection. »

Face à ce chiffre alarmant, l’Opposition officielle propose la mise en place de deux distributeurs gratuits dans chacun des 370 bâtiments publics de Montréal. Arénas, complexes sportifs, piscine, cinéma, bibliothèques, musées et autres sont concernés. L’implantation des distributeurs nécessaires coûterait environ 200 000 dollars.

Pour Karine Boivin-Roy, leader de l’Opposition officielle, c’est une évidence : « Si nous avons accès gratuitement à du papier toilette et du savon, il n’y a aucune raison que nous n’ayons pas accès à des protections. C’est une question de bon sens. »

Depuis 2014, tous les 28 mai, l’hygiène menstruelle féminine est mise à l’honneur. Cette journée, à l’initiative de l’ONG allemande WASH United, est l’occasion pour organiser de nombreux événements dans le monde entier au sujet de la menstruation, aujourd’hui encore tabou.

Pourtant, depuis peu et notamment depuis la tourmente #moiaussi, la question de la gratuité des protections hygiéniques est de plus en plus sur le devant de la scène. Et pour cause, les femmes du monde entier sont concernées. À Montréal, elles représentent 51 % de la population.

La motion qui sera débattue le 17 juin demande alors que la ville « assure la disponibilité et la gratuité des serviettes hygiéniques et tampons dans toutes les toilettes publiques des édifices mentionnés plus haut ».

Un débat dans l’air du temps

Montréal n’est pas la seule ville du monde où le débat s’active. Au niveau fédéral, la ministre de l’Emploi Patty Hajdu a annoncé le 3 mai son souhait de modifier le Code canadien du travail pour obliger les employeurs sous juridiction fédérale à offrir gratuitement des produits hygiéniques menstruels à leurs employés. Un avis d’intention a été publié le 4 mai dans la Gazette du Canada.

De son côté, la Colombie-Britannique est en train de mettre à disposition gratuitement des produits hygiéniques dans 1600 écoles. Il en est de même à New York et ses 800 écoles, ainsi qu'en la Grande-Bretagne. « Il faut arrêter de voir l’accès gratuit aux produits d’hygiène menstruelle comme un traitement de faveur », a lancé Karine Boivin-Roy. « Il faut éliminer le stigma autour des menstruations. »