Ils sont souvent synonymes de congestion, et donc de maux de tête pour les automobilistes, et surtout, ils symbolisent la multiplication des travaux ou la déviation de la circulation. Et c’est par milliers que la Ville de Montréal doit acheter encore et encore des cônes orange. 

Kathleen Lévesque Kathleen Lévesque
La Presse

Depuis 2016, Montréal s’est procuré près de 11 500 cônes orange pour assurer la sécurité des usagers et des employés lors d’interventions sur la voie publique. Il s’agit de petits cônes de signalisation (28 pouces de haut), et non de grands costauds comme ceux que l’on retrouve aux abords des grands chantiers de construction. 

Le comité exécutif de Montréal avait alors conclu un contrat avec Plastipro Canada ltée pour la fourniture de balises coniques sur demande. Le contrat s’élevait à quelque 206 000 $. La semaine dernière, l’exécutif a utilisé une clause permettant une prolongation de 12 mois pour une somme d’un peu plus de 76 000 $, taxes comprises. Et on prévoit déjà que la quantité de cônes ne suffira peut-être pas. Ainsi, « une variation des quantités » équivalant à 15 % de la prolongation est permise, soit un total maximal de 88 000 $, souligne-t-on dans les documents soumis aux élus pour qu’ils prennent une décision éclairée. 

À la fin de mars dernier, « la consommation sur cette entente-cadre collective [atteignait] 99 % du contrat total octroyé ». « Le stock de cônes n’est pas épuisé » pour autant, affirme-t-on au Service de l’approvisionnement. Mais Montréal veut en avoir à sa disposition en tout temps et le contrat arrive à échéance en juin prochain. 

Hausse des coûts

Chaque cône orange coûtait 17,09 $, il y a trois ans. La prolongation du contrat fait en sorte que le prix est haussé à 17,92 $, taxes non comprises. Cela représente une augmentation annuelle moyenne de 1,6 % du prix. 

La Ville a vérifié s’il n’était pas possible de relancer un appel d’offres public, mais « les conditions actuelles du marché » n’étaient pas favorables. L’augmentation du coût des matières premières, dont les produits pétroliers (plastique utilisé pour les cônes), est en cause. De plus, il semble difficile d’avoir de nouveaux fournisseurs de cônes « pouvant répondre aux besoins des utilisateurs de la Ville », explique-t-on. 

Et pour les Montréalais qui seraient inquiets d’être envahis par les cônes orange, la Ville assure que l’achat ne signifie pas qu’il y aura une augmentation du nombre de chantiers à travers la ville. « Ces balises coniques servent aux travaux publics des arrondissements pour des travaux de voirie de petite à moyenne envergure (réparations mineures de voirie, nids-de-poule, marquage routier fait en régie, par exemple), ainsi qu’au SPVM pour dévier la circulation lors des interventions sur la voie publique », explique Gabrielle Fontaine-Giroux du service des communications de Montréal.