Le parti d'opposition Action Laval croit que la Ville de Laval est « au seuil de l'instabilité » et invite donc le maire Marc Demers à s'accorder un temps de réflexion.

Kathleen Lévesque LA PRESSE

D'entrée de jeu, la conseillère municipale Aglaia Revelakis et le chef intérimaire d'Action Laval, Achille Cifelli, rappellent les nombreux événements des derniers mois qui justifient, selon eux, que le maire se pose des questions sur sa capacité « à prendre de bonnes décisions pour servir les citoyens ».

Mercredi, la Cour du Québec a condamné Marc Demers pour diffamation ; il doit verser 7500 $ à l'ancien conseiller municipal Pierre Anthian pour avoir sous-entendu, sans vérification préalable, que ce dernier avait fraudé « l'Accueil Bonneau et les itinérants en vue de s'enrichir à leurs dépens ». En mars dernier, M. Demers avait été reconnu coupable en matière de financement politique pour avoir consenti à son parti, le Mouvement Lavallois, un prêt excédant près de trois fois la limite légale lors des élections de 2013.

De plus, M. Cifelli souligne que le maire « a perdu la confiance de ses membres, il a perdu la majorité de ses conseillers et ne semble pas prêt à les retrouver ». Malgré sa victoire de novembre dernier, Marc Demers « ne cesse d'accumuler des défaites politiques ». « La Ville de Laval est-elle au seuil de l'instabilité ? La réponse est oui ! », concluent M. Cifelli et Mme Revelakis.

Sans réclamer la démission du maire Demers comme l'a fait opposition officielle hier, Action Laval invite plutôt M. Demers à réfléchir sur la suite des choses, et ce, dans le meilleur intérêt des citoyens. « Exiger une démission, c'est forcer une élection partielle coûteuse qui ne réglerait en rien la discorde au conseil municipal », affirme Mme Revelakis qui ajoute : « Marc Demers est en train de détruire tout ce que nous avons bâti de positif durant les cinq dernières années. Cela doit cesser maintenant ! »

La prochaine assemblée du conseil municipal est prévue le mardi 7 août prochain. Le maire Demers y fera face aux 10 élus qui ont quitté son caucus en juin dernier. Avec les deux conseillers municipaux de l'opposition, ils détiennent la majorité.