L'opposition officielle à Laval réclame le départ du maire Marc Demers à la suite de sa condamnation hier pour diffamation contre un ancien conseiller municipal.

Kathleen Lévesque LA PRESSE

Le chef de Parti Laval, Michel Trottier, estime que la démission de M. Demers est nécessaire pour rétablir « l'honneur et la réputation de Laval ». « Nous ne pouvons plus tolérer que le maire de Laval contribue à médiatiser la ville pour de mauvaises raisons. La confiance est essentielle à l'exercice de ses fonctions et M. Demers ne l'a plus, ni de la part des élus ni de la population », soutient M. Trottier.

Selon lui, plusieurs événements récents justifient la demande de démission. Ainsi, il rappelle que c'est la deuxième fois que M. Demers est reconnu coupable depuis le début de l'année : pour avoir prêté près de trois fois la limite permise à son parti politique le Mouvement Lavallois lors de l'élection de 2013, et pour avoir atteint à la réputation de Pierre Anthian.

Ce dernier élément est incompatible avec le code d'éthique des élus de Laval, souligne M. Trottier. Il rappelle qu'un manquement peut entraîner une suspension jusqu'à 90 jours à la suite d'une plainte auprès du ministère des Affaires municipales. « Dans le cadre de son rôle, le membre [du conseil municipal] doit respecter la dignité, le droit à la vie privée et la réputation de toute personne », peut-on lire à l'article 6.1.2.

Selon M. Trottier, Marc Demers a ainsi contrevenu « aux valeurs du code d'éthique ». « Dans ces circonstances, le maire doit reconnaître qu'il n'a plus la crédibilité pour occuper son poste », croit le chef de l'opposition.

Parti Laval mentionne également que les dix élus du Mouvement Lavallois, qui ont tourné le dos à M. Demers en mai dernier, lui reprochent « d'avoir manipulé les résultats d'un vote interne » au parti. C'est d'ailleurs ce qui a entraîné la crise politique actuelle à l'hôtel de ville ; M. Demers est maintenant minoritaire.