Montréal doit reconstruire un terre-plein qu'elle venait à peine d'aménager. Le mail qui doit protéger la piste cyclable de la rue Clark rendait l'artère trop étroite pour le passage des camions de déneigement.

Pierre-André Normandin LA PRESSE

La métropole a entrepris cet été des travaux pour la réfection en profondeur de la rue Clark, au coeur du Plateau-Mont-Royal. Ce chantier de 7,8 millions s'étend sur un kilomètre, entre l'avenue Laurier et la rue de l'Arcade. Les travaux prévoient la reconstruction des conduites d'eau, de la chaussée, des trottoirs et de l'éclairage.

Si ce genre de chantier est fréquent à Montréal, celui-ci se démarque parce que la métropole a demandé à l'entrepreneur, Excavations Super, d'aménager dans la rue un terre-plein en béton afin de protéger la piste cyclable. Celle-ci était auparavant délimitée uniquement par des bollards, exposant les cyclistes à un risque d'emportiérage. Cet ajout devait se faire sans nuire au stationnement, autorisé des deux côtés de la rue.

Voilà, après la construction du mail, il a été déterminé que la voie était rendue trop étroite pour les camions lourds. Devant le résultat, Montréal a demandé à l'entrepreneur de démolir le terre-plein et de le refaire moins large afin d'éviter de nuire au déneigement l'hiver, mais aussi au passage des véhicules d'urgence.

«Ça avait été calculé au centimètre près et tout passait, hiver comme été. Le service incendie avait approuvé, les ingénieurs aussi. [...] Mais parfois, entre ce qui est réalisé et la théorie sur les plans... On a décidé de l'améliorer parce que c'était encore possible», indique Marianne Giguère, une élue du Plateau-Mont-Royal.

La facture pour reprendre ces travaux n'est pas encore connue. L'administration Plante indique que les montants seront prélevés à même l'enveloppe dédiée aux imprévus sur ce contrat. Celui-ci prévoit en effet 660 000 $ en contingences.

Difficile de savoir pour le moment qui est à blâmer. L'administration Plante souligne que les plans et devis ont été réalisés en 2014. Les travaux avaient toutefois été reportés de plusieurs années.

La Presse a d'ailleurs retracé un appel d'offres lancé au printemps 2017 afin de réaliser les travaux l'an dernier. Montréal a toutefois rejeté les soumissions qui s'étaient avérées 22% plus élevées que l'estimation.

En vertu du contrat, le chantier devait être terminé en octobre 2018. L'entente avec l'entrepreneur prévoit une pénalité de 0,1% de la valeur du contrat par jour de retard. Reste à voir si la Ville accordera un délai en raison de la reprise de ces travaux.