L'entreprise britannique Solargise voit d'un bon oeil la possibilité que le site convoité pour son implantation dans l'est de Montréal soit traversé du nord au sud par un corridor vert, comme le souhaite le Conseil régional de l'environnement de Montréal (CREM).

Kathleen Lévesque LA PRESSE

Le président de Solargise, Rajdeep Basu, a confirmé hier à La Presse qu'il était ouvert à étudier des scénarios pour partager l'espace, permettant ainsi le maintien du parc-nature du Bois-d'Anjou et le développement d'une bande naturelle. Ainsi, l'entreprise participerait au projet visant à relier la rivière des Prairies et le fleuve Saint-Laurent dans le cadre de ce que le CREM appelle son projet de trame verte.

Selon M. Basu, il s'agirait ainsi d'assurer la jouissance publique d'espaces verts de 11 hectares, soit l'équivalent du parc Laurier dans l'arrondissement du Plateau-Mont-Royal. L'idée a été présentée hier aux représentants du CREM.

« Cette rencontre nous a permis de mieux comprendre leurs besoins et ils ont compris beaucoup mieux notre projet. » - André Bouthillier, de la firme National, qui accompagne Solargise dans ses démarches pour s'implanter à Montréal

Il est toutefois hors de question d'envisager un autre site que celui du terrain du club de golf Métropolitain Anjou à cause des conditions nécessaires pour la mise en place de l'usine, ont insisté MM. Basu et Bouthillier.

De son côté, la directrice générale du CREM, Coralie Deny, n'était pas disponible pour commenter cette proposition. 

Le déploiement de cette stratégie verte de la part de Solargise fait suite à la décision de la Ville de Montréal d'agrandir l'actuel parc-nature du Bois-d'Anjou, annoncée le mois dernier. Cet agrandissement grugerait éventuellement près de la moitié de la superficie du club de golf Métropolitain dont a besoin Solargise.

Au même moment, le CREM publie dans La Presse une lettre d'opinion réagissant à une certaine mobilisation favorable au projet de Solargise dans l'Est. Les signataires disent croire que le projet de Solargise et celui de l'agrandissement du parc peuvent cohabiter dans l'est de Montréal, mais pas sur le même site.

CONCILIATION

Plutôt que de s'opposer au projet et de risquer de susciter une controverse, Solargise a choisi de miser sur la conciliation. Selon M. Basu, les intérêts et les préoccupations des uns et des autres ne sont pas incompatibles puisque le campus industriel prévu serait voué à l'énergie verte.

Le projet de Solargise comprend une usine de panneaux solaires et des laboratoires de recherche et développement pour améliorer la technologie brevetée de M. Basu. Des investissements de 2,3 milliards sont prévus à travers deux phases de développement. À terme, 1000 emplois sont évoqués.

Jusqu'à maintenant, Rajdeep Basu n'a pas encore eu l'occasion de rencontrer la mairesse de Montréal, Valérie Plante, pour lui exposer le détail de son projet. Mme Plante sera de retour de vacances d'ici deux semaines.

Quant à la volonté du CREM de conserver le boisé au coeur du parc régional, on souligne qu'il est un poumon vert important pour l'Est. On y recense 180 espèces végétales, des cerfs de Virginie et diverses espèces de petits animaux.

Photo Martin Tremblay, La Presse

Le déploiement de cette stratégie verte de la part de Solargise fait suite à la décision de la Ville de Montréal d'agrandir l'actuel parc-nature du Bois-d'Anjou, annoncée le mois dernier.