Les musiciens du métro de Montréal déplorent que des changements soient en voie d'être apportés au système leur permettant de se produire dans les stations de la Ville, et ce, sans qu'ils soient consultés.

Marissa Groguhé LA PRESSE

Malgré des efforts pour susciter une discussion, le Regroupement des musiciens du métro de Montréal affirme qu'il n'a reçu aucune information au cours des derniers mois de la part de la Société de transport de Montréal (STM) quant à la façon dont s'organiseront les prestations musicales à l'avenir. 

« On sait qu'ils [les responsables de la STM] veulent instaurer un nouveau système, mais ils ne nous en parlent pas », explique Clément Courtois, porte-parole du Regroupement.

Des membres se sont présentés à deux reprises, en mai et en juin derniers, au conseil d'administration de la STM pour faire valoir la nécessité d'être inclus dans les démarches si un nouveau système devait être adopté. Mais bien qu'on leur promette qu'ils seront contactés ultérieurement, ils restent depuis sans nouvelles, ne recevant « pas même un coup de fil », a affirmé M. Courtois.

Les musiciens craignent par-dessus tout de se voir imposer à la rentrée un nouveau système qui ne leur conviendra pas. Depuis trois décennies, afin d'assurer une meilleure cohésion, les premiers musiciens arrivés aux stations de métro, souvent avant l'ouverture, conviennent des heures où ils s'exécuteront ce jour-là, chacun s'inscrivant selon l'ordre des arrivées sur les lieux. Les premiers ont les meilleurs horaires et chacun respecte les plages de deux heures qui leur sont imparties.

« Comme ça, tout le monde peut jouer et ça se fait de manière fluide », a expliqué M. Courtois, qui appréhende un système d'inscription en ligne, des inscriptions payantes, ou même des auditions pour avoir accès aux emplacements autorisés. « Ça réduirait l'accessibilité et la liberté d'expression des musiciens. »

De son côté, la STM a déclaré qu'« il n'y [avait] pas de décision prise ». 

« Nous visons à mettre en place une solution pour 2019 qui bénéficiera autant aux musiciens du métro qu'aux clients et aux équipes de la STM », a indiqué à La Presse Philippe Déry, responsable des affaires publiques de l'organisme public, dans un courriel, tout en précisant que « pour toute forme d'activité culturelle ou autre, la STM reste responsable de ce qui passe dans ses installations et ses règlements s'appliquent ».

LE DÉSACCORD DES ÉTOILES DU MÉTRO

Depuis 2012, le Regroupement des musiciens du métro de Montréal gère le programme des Étoiles du métro, en partenariat avec la STM. Grâce à cette initiative, au moyen d'auditions, une poignée de musiciens sont sélectionnés et se voient attribuer un accès à des emplacements privilégiés du métro pour présenter leur musique.

Toutefois, lorsqu'est venu le moment de signer le contrat pour l'édition 2018, des désaccords ont émergé. « Ce n'était pas équitable pour nous, a défendu Clément Courtois. Nous avons tenté de négocier, ça n'a rien donné, alors nous avons refusé de signer. »

C'est depuis ce litige que les liens ont été rompus et que le Regroupement des musiciens de Montréal est tenu dans l'ignorance des plans relatifs à un nouveau système, a assuré M. Courtois.

La STM a confirmé que « des visions divergentes pour l'avenir du programme Étoiles du métro » avaient entraîné l'arrêt momentané du programme.