L'implantation d'une usine de panneaux solaires de haute technologie dans l'est de Montréal est une « opportunité exceptionnelle » à saisir, affirme la députée de la circonscription d'Anjou - Louis-Riel, la ministre Lise Thériault.

Mis à jour le 14 juill. 2018
Kathleen Lévesque LA PRESSE

Dans une lettre à La Presse, Mme Thériault donne son appui au projet de l'entreprise Solargise sur l'actuel terrain du Club de golf Métropolitain Anjou, « un projet comme il en arrive trop peu souvent ». « Le développement durable et la protection de notre environnement sont indispensables et ils peuvent fort bien cohabiter avec un développement économique réalisé respectueusement et prometteur d'enrichissement collectif », estime-t-elle.

Comme l'a révélé mercredi dernier La Presse, la société britannique Solargise, qui a terminé la première étape de recherche et développement ainsi que des tests pour ses nouveaux panneaux solaires brevetés, souhaite établir son usine au Canada. Le Québec et l'Ontario sont dans la ligne de mire, mais l'est de Montréal est privilégié, selon le président de Solargise, Rajdeep Basu.

Le ministère du Développement économique, Investissement Québec et Montréal International sont parmi les organismes impliqués dans l'accompagnement de Solargise.

Le projet, qui prendrait la forme d'un campus avec usine et laboratoires pour la recherche et le développement, représente un investissement de 2,3 milliards de dollars. Lors d'une première phase de développement pour laquelle le financement de 560 millions est garanti, soutient M. Basu, l'entreprise prévoit employer 800 personnes. À terme, il s'agirait de 1000 travailleurs.

La Ville de Montréal a toutefois prévu l'agrandissement du parc-nature du Bois-d'Anjou sur ce site. La décision a été adoptée le mois dernier.

Conservation des espaces verts

Afin de convaincre la municipalité, Solargise propose de conserver 30 % du site en espaces verts. Selon Lise Thériault, cette proposition donnera au Bois-d'Anjou « tout le volume d'espace espéré ». « Rappelons que ce boisé a besoin d'être nettoyé, émondé et revitalisé pour lui donner des allures de parc. Plusieurs arbres sont dans un très mauvais état et il a bien besoin d'amour avant de pouvoir le visiter », indique-t-elle.

Cette dernière rappelle la préoccupation à Montréal de freiner l'exode des familles et l'étalement urbain, ce qui milite en faveur de l'accueil de Solargise.

Mme Thériault rappelle également que le Club de golf Métropolitain Anjou est situé sur l'ancienne raffinerie de British Petroleum (BP). « Les sols ont été décontaminés, permettant l'établissement d'entreprises commerciales [...] sur un site qui était loin d'être un parc naturel. [...] Qu'un promoteur nous propose d'en assurer la pérennité et de revitaliser le boisé existant est certes une opportunité à saisir », conclut la députée-ministre qui précise qu'elle entend suivre de près le dossier.

La décision de Solargise doit être prise d'ici la fin de l'été afin de permettre le début de la construction d'une usine avant décembre prochain.

Photo André Pichette, Archives La Presse

Dans une lettre à La Presse, la ministre Lise Thériault donne son appui au projet de l'entreprise Solargise sur l'actuel terrain du Club de golf Métropolitain Anjou.