Changement de garde au sein du syndicat représentant les 2400 pompiers montréalais. Après un mandat mouvementé à la tête de l'Association des pompiers de Montréal, Ronald Martin a décidé de prendre sa retraite, cédant sa place à son bras droit Chris Ross.

Pierre-André Normandin LA PRESSE

À l'emploi du Service de sécurité incendie depuis 31 ans, Ronald Martin était président du syndicat depuis 2011. Il s'est notamment fait connaître lors du conflit qui a opposé les syndicats municipaux au gouvernement et aux Villes sur les régimes de retraite des employés municipaux. Le dépôt d'un projet de Loi en 2014 forçant une révision du partage des coûts avait provoqué une crise. Les pompiers montréalais avaient été les grands perdants de la réforme, les changements introduits leur ayant coûté quelques milliers de dollars de plus par an.

Une manifestation en août 2014 avait dégénéré à l'hôtel de ville alors que des pompiers en colère avaient interrompu le conseil municipal et assiégé l'ex-maire Denis Coderre dans son bureau. De nombreux manifestants avaient été sanctionnés pour leur participation à l'événement, dont Ronald Martin qui avait écopé d'une suspension de 6 mois. L'Association des pompiers avait fini par présenter ses excuses en juin 2017 et dédommagé la Ville.

Outre la manifestation à l'hôtel de ville, l'Association avait organisé d'importants moyens de pression contre la Loi sur les régimes de retraite. Le syndicat a notamment lancé une campagne internationale de boycottage des Jeux mondiaux policiers et pompiers que Montréal devait organiser en 2017 dans le cadre des festivités pour le 375e anniversaire de fondation de la métropole. Devant l'ampleur de la campagne, la Ville avait fini par renoncer à présenter cette importante compétition.

Succession

Élu sans opposition à la présidence de l'Association des pompiers, Chris Ross s'est inscrit dans « un esprit de continuité » de son prédécesseur. Il dit vouloir « poursuivre la défense des acquis des 2 400 pompiers montréalais au regard de l'évolution constante qui touche notre environnement professionnel ». La vice-présidence sera quant à elle occupée par Richard Lafortune.

Plusieurs dossiers chauds attendent les nouveaux responsables. Le SIM doit s'attaquer au problème de stress post-traumatique vécu par les sapeurs qui oeuvrent fréquemment comme premiers répondants. Ils se trouvent ainsi davantage exposés à des événements traumatisants. Le service doit aussi diversifier ses effectifs, essentiellement composés d'hommes blancs. Des efforts pour embaucher des femmes et des membres des minorités visibles ont été entrepris.

Les pompiers doivent aussi resserrer leurs mesures pour faire face à un nombre anormalement élevé de maladies professionnelles, notamment des cancers.