Côte-des-neiges: le Directeur des élections enquête sur l'ancien maire

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Russell Copeman discute avec une électrice lors de la campagne municipale de 2013.

PHOTO ANDRÉ PICHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

Le Directeur général des élections du Québec (DGEQ) a ouvert une enquête sur les allégations d'un élu montréalais, Marvin Rotrand, disant s'être fait offrir un poste à la Ville de Montréal en échange du retrait de sa candidature aux dernières élections. Au coeur de la tourmente, l'ancien maire d'arrondissement Russell Copeman nie avoir tenté de corrompre son collègue.

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Marvin Rotrand

Photo David Boily, Archives La Presse

Le conseiller Marvin Rotrand avait pris ses collègues par surprise, le 22 janvier, en affirmant avoir été pressenti par Russell Copeman pour une offre d'emploi, en juillet dernier. Celui qui dirigeait alors Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce lui aurait proposé de devenir l'ombudsman de la Ville de Montréal. Selon M. Rotrand, cette offre était conditionnelle à ce que le conseiller de Snowdon renonce à se présenter aux élections de novembre.

« [Russell] Copeman m'a approché et m'a fait une offre : si j'accepte de ne pas être candidat et si l'administration Coderre est réélue, il va me nommer ombudsman de la Ville », a affirmé Marvin Rotrand, dans l'enceinte de l'hôtel de ville. L'élu dit avoir été sous le choc et avoir refusé.

« Je lui ai dit que je ne pense pas que c'est éthique de me faire une telle offre. J'ai décidé d'être candidat de nouveau et j'ai été élu. »

- Marvin Rotrand, conseiller municipal

Marvin Rotrand n'ayant pas jugé bon de porter plainte, un groupe de citoyens de CDN-NDG a décidé de le faire en écrivant au DGEQ le 13 mars. « C'est un acte illégal », estime Alexander Montagano, l'un des citoyens du quartier à l'origine de la plainte. La lettre de réponse du DGEQ indique que les allégations avaient été portées à son attention dès le lendemain de la séance du conseil municipal où Marvin Rotrand est intervenu et qu'une enquête est déjà en cours. 

« Nous avions déjà été informés de cette situation [...]. D'ailleurs, un dossier a été ouvert. »

- Extrait d'une lettre rédigée par une avocate du DGEQ

Satisfait, Alexander Montagano aimerait maintenant que l'Unité permanente anticorruption (UPAC) fasse aussi enquête, estimant qu'il s'agit d'une tentative de corruption. Il déplore au passage que Marvin Rotrand ait attendu six mois avant de dénoncer l'incident.

COPEMAN SE DÉFEND

Dans une déclaration transmise à La Presse, Russell Copeman nie avoir tenté de monnayer le retrait de la candidature de Marvin Rotrand. 

« Je rejette catégoriquement toute accusation de corruption ou d'intention de corruption entourant ces allégations. »

- Russell Copeman, dans une déclaration transmise à La Presse

« Toute suggestion d'une proposition de contrepartie est totalement fausse », poursuit l'ancien maire d'arrondissement.

Russell Copeman relate qu'à l'été 2017, il a eu quelques conversations avec son « ami et collègue » Marvin Rotrand sur leur carrière respective. L'ex-maire Denis Coderre venait de destituer le conseiller de Snowdon de la vice-présidence de la Société de transport de Montréal, et ce dernier hésitait à se représenter aux élections. « À ce moment-là, nous avons discuté de certaines options pour lui, y compris la possibilité qu'il soit candidat pour le poste d'ombudsman », indique M. Copeman.

L'ancien maire d'arrondissement assure ne jamais lui avoir promis le poste, précisant qu'il ne détenait pas le pouvoir de le lui offrir. L'ombudsman est choisi dans un vote aux deux tiers du conseil municipal. Le candidat doit ainsi obtenir l'appui d'au moins 43 élus. Depuis sa création en 2003, le poste d'ombudsman de Montréal est occupé par la même personne, soit Me Johanne Savard. Son mandat actuel, le quatrième depuis 2003, prend fin en novembre 2019.

Disant être la cible « d'accusations indécentes » dans les médias, Russell Copeman dit étudier ses recours légaux. « J'examine la possibilité de prendre des conseils juridiques pour protéger mon nom et ma réputation de toute déclaration qui pourrait être diffamatoire », a-t-il fait savoir.

Joints par La Presse, le DGEQ et l'UPAC ont refusé de commenter le dossier.




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